bad beu sur les traces de la “génération perdue”

bad et ses deux nouveaux carreaux (photo C. Degoutte)

Après Jean-François Caillarec, c’est Stéphane Malherbe, alias bad beu, qui remonte le temps pour mettre l’art urbain à l’heure des Années folles de Montparnasse. Avec la complicité de Claude Degoutte, le grand manitou du street art in situ, il rend hommage à la “génération perdue”, ce mouvement d’écrivains américains qui se sont exilés à Paris au début du siècle dernier après avoir participé à la Première Guerre mondiale. Au printemps 1925, la fameuse première rencontre entre Hemingway et Scott Fitzgerald relatée dans Paris est une fête a lieu au Dingo Bar (aujourd’hui Auberge de Venise) situé au 10 rue Delambre à deux pas du Carrefour Vavin (aujourd’hui place Pablo Picasso). bad beu a réalisé deux carreaux pour immortaliser cet évènement littéraire de tout premier ordre.

Naissance d’une amitié critique et affectueuse

Dans Paris est une fête qui est considéré comme l’un de ses chefs-d’oeuvre, Ernest Hemingway raconte ses jeunes années d’écrivain désargenté à Paris dans les années 1920, les Années folles de Montparnasse. Beaucoup de Britanniques et d’Américains de Paris se donnent rendez-vous au Dingo American Bar and Restaurant tenu par Louis Wilson et sa femme au 10 de la rue Delambre. Un jour de désoeuvrement du printemps 1925, alors qu’il s’inflige la compagnie de “quelques individus totalement dépourvus d’intérêt” (!), Hemingway y rencontre Scott Fitzgerald, l’auteur de Gatsby le magnifique et chef de file de la “lost generation”, qui est celui qui lancera sa carrière d’écrivain. C’est le début de la longue “amitié critique et affectueuse” liant les deux géants de la littérature américaine que l’on se devait bien d’immortaliser in situ cent ans plus tard par le moyen d’une oeuvre de street art. Sur la suggestion de Claude Degoutte, bad beu n’a pas hésité à s’y coller en réalisant pas moins de deux carreaux – qui attendront toutefois un peu avant d’être collés… Le premier dédié à Hemingway a été acquis par le nouveau propriétaire du restaurant qui lui réservera sans doute une place d’honneur au bar (resté d’origine) en ayant bien à l’esprit que le Prix Nobel de Littérature y inventa certains des nombreux cocktails décrits dans ses romans dont le fameux Long Island Iced Tea. Le second dédié à Scott Fitzgerald s’inscrit dans le projet global intitulé “rue des petits carreaux” porté par les deux complices de l’in situ dont l’objectif est de faire connaître aux Parisiens les endroits où vécurent certaines personnalités marquantes en rebaptisant symboliquement les rues de leur nom. Un carreau “Rue Scott” sera donc collé à l’extérieur du restaurant une fois que la peinture y aura été refaite. Courant été 2024 si tout va bien…

Photo C. Degoutte
Photo C. Degoutte

Cliquez ici pour accéder au site de l’Auberge de Venise.

Le Montparnasse illustré de Jean-François Caillarec

Photo C. Degoutte

Chose promise, chose due ! Jean-François Caillarec a déjà pris les devants de la célébration du centenaire des Années folles de Montparnasse en posant quatre nouvelles plaques de rue illustrées à quelques endroits bien connus des habitants du Quartier curieux d’histoire et de culture. C’est ainsi que la rue Campagne-Première, la place Pablo Picasso et la place Joséphine Baker se sont vues honorées des oeuvres de l’artiste urbain resté fidèle à son souci de diffuser l’art et la culture à destination du plus grand nombre. Petite revue de détail.

Noire et Blanche de Man Ray, rue Campagne-Première

Kiki de Montparnasse est sans doute l’une des figures les plus emblématiques de la très foisonnante époque des Années folles. Fin 1921, elle devient l’amante de Man Ray, le célèbre peintre et photographe américain dont elle sera la muse durant sept ans. Après avoir séjourné à l’hôtel Istria, au 29 rue Campagne-Première, les deux amoureux emménagent dans le bâtiment voisin, au 31 bis. Jean-François Caillarec rend hommage à ce couple mythique des années 20 en apposant à l’angle de la rue Campagne-Première et du boulevard Montparnasse une très belle plaque de rue illustrée par Noire et Blanche de Man Ray, un magnifique portrait photographique réalisé en 1926 représentant Kiki de Montparnasse qui tient près d’elle un masque d’art africain traditionnel.

Photo C. Degoutte

Les Demoiselles d’Avignon, place Pablo Picasso

Combien de Quatorziens connaissent la Place Pablo Picasso ? Mitoyenne des 6ème et 14ème arrondissements, elle correspond à ce que l’on appelait jadis le “Carrefour Vavin” situé à l’angle des boulevards Montparnasse et Raspail. Flanqué des célèbres brasseries du Dôme et de La Rotonde, ce fameux carrefour était le centre névralgique de la très bouillonnante animation artistique et culturelle des Années folles.  Il n’y a à vrai dire qu’une seule plaque de rue qui indique l’emplacement de la place Pablo Picasso, et elle est justement située dans le 14ème arrondissement à quelques mètres du Dôme. L’occasion était trop belle et Jean-François Caillarec n’a pas résisté à la tentation de l’illustrer avec une reproduction des Demoiselles d’Avignon, l’une des plus célèbres oeuvres du génial peintre espagnol et qui est considérée comme l’un des tableaux les plus importants de l’histoire de la peinture.

Photo C. Degoutte

Joséphine Baker, place… Joséphine Baker

Egalement située au coeur du Quartier Montparnasse, au croisement de la rue Poinsot, de la rue Jolivet et du boulevard Edgar-Quinet, la place Joséphine Baker a été inaugurée en 2000 pour célébrer la mémoire de la chanteuse et artiste de music-hall entrée au Panthéon il y a trois ans, en même temps qu’était sous-titrée de son nom la toute proche station de métro Gaîté. Jean-François Caillarec ne lésine pas non plus sur les moyens de lui rendre hommage en lui consacrant pas moins de deux plaques de rue illustrées, la première la représentant en compagnie de son célèbre guépard et la seconde en tenue de scène. Toutes ces oeuvres du street artist sont à découvrir à l’occasion de vos balades dans le Quartier dont la richesse culturelle est tellement grande qu’il mériterait en réalité de voir toutes ses plaques de rue revisitées par Jean-François. Ce dernier n’a sans doute pas dit son dernier mot et nous réserve peut-être encore d’autres surprises pour dignement honorer le centenaire des Années folles de Montparnasse.

Photo C. Degoutte

Le Conseil de Quartier amorce la célébration du centenaire des Années folles de Montparnasse

La prochaine réunion plénière du Conseil de Quartier Montparnasse-Raspail commencera demain mardi 27 février à 19 heures (*) par une évocation de ce en quoi pourrait consister la célébration du centenaire des Années folles de Montparnasse. Deux Quatorziens déjà très actifs sur le sujet proposeront à l’assistance en guise de mise en bouche la pose dès cette année de plusieurs plaques de rue illustrées rendant hommage à quelques gloires qui hantèrent le Quartier Montparnasse il y a cent ans. Voici un avant-goût de cette amorce de célébration à laquelle tous les habitants du Quartier sont conviés.

Un centenaire à célébrer dignement par tous les Quatorziens

Nombreux sont les initiés qui ont en réalité déjà anticipé les évènements à venir qu’il reste à organiser. Plusieurs maisons d’édition du 14ème arrondissement et d’ailleurs ont sorti de très beaux livres sur le Montparnasse des Années Folles qui était il y a un siècle la capitale artistique et culturelle du monde. Ainsi d’Albin Michel, la maison d’édition de la rue Huyghens, qui a publié en novembre 2022 la monumentale étude de Mathyeu Le Bal intitulée Montparnasse, quand Paris éclairait le monde. Plus récemment, les éditions Séguier ont entrepris de publier sous le titre Bandes de Génies, Mémoires du Montparnasse des Années folles la traduction des mémoires de Robert McAlmon, un romancier, poète et éditeur américain qui s’est installé à Paris en 1921. En vérité, les livres sur Montparnasse envahissent chaque jour les librairies, les musées, les centres d’art, chaque auteur se concentrant sur une petite spécificité de ce quartier sans limites. C’est pourquoi il y a sans nul doute matière à organiser dans les mois ou années à venir avec la Mairie de Paris un très beau salon du livre réunissant tout ou partie des auteurs et éditeurs qui ont consacré leur(s) ouvrage(s) à un quartier dont l’histoire n’aura jamais fini de se révéler. Une autre manière de revivre cette époque peut consister à visionner l’un des nombreux films qui la célèbrent comme, par exemples, Montparnasse 19 de Jacques Becker (1958), Modigliani de Mick Davis (2004) ou encore l’un des deux films de la dernière décennie consacrés à Kiki de Montparnasse. L’endroit idéal pour la projection de ces films serait alors évidemment le cinéma d’art et essai des 7 Parnassiens situé à deux pas du Carrefour Vavin qui était le centre névralgique de la bouillonnante animation artistique et culturelle de l’époque. Pour faire le lien avec les artistes d’aujourd’hui, on pourrait également, par exemple, envisager la possibilité de fresques commémoratives réalisées par les artistes-peintres du Marché de la Création Edgar Quinet dont l’ancêtre est le Marché aux navets. Tout cela reste bien sûr à déterminer et à organiser avec l’accord et le concours des autorités municipales et des associations parties prenantes. Pour l’heure et pour amorcer les évènements à venir, l’artiste urbain du 14ème arrondissement Jean-François Caillarec propose de continuer sur le boulevard Montparnasse son très beau travail de pose de plaques de rue illustrées rendant hommage à celles et ceux qui sont restés dans la mémoire collective des figures emblématiques des Années Folles : Kiki de Montparnasse photographiée par Man Ray rue Campagne Première, Joséphine Baker au n° 94 du boulevard, Pablo Picasso au Carrefour Vavin rebaptisé place Pablo Picasso, et peut-être d’autres encore ? Nous vous invitons très vivement à venir participer à la réunion plénière du Conseil de Quartier Montparnasse-Raspail de ce mardi soir pour en accentuer plus encore le caractère interactif et participatif et contribuer dès à présent à la préparation de la célébration d’un centenaire qui pourrait être une formidable fête. Paris n’est-elle pas une fête ?

(*) La réunion plénière du Conseil de Quartier Montparnasse-Raspail du mardi 27 février 2024 se tiendra à l’école élémentaire publique du 24 rue Delambre entre 19 et 21 heures.

Hélisenne et Serge, les égarés du “Laurier”

Hélisenne Lestringant a perdu son fil. Saurez-vous l’aider à le retrouver demain mercredi 20 décembre au bar-restaurant Le Laurier à partir de 19h30 ? Après Filles de Personne, également créé au Laurier par Serge Sandor en 2022, la tonitruante actrice vous fera part, dans Gueule d’égarée, de considérations sur l’amour que son personnage continue à allégrement chercher avec Pierre Paul Jacques sur Tinder. Gare à tous ceux qui lui poseront un lapin !

Le défi du théâtre dans les bars

Vous serez donc au rendez-vous l’un ou l’autre de ces deux prochains mercredis soirs au Laurier et bien prévenus quand vous verrez débarquer notre sympathique Gueule d’égarée qui tourne au Cuba Libre (rhum-coca) avant de briser la glace avec ses proies potentielles. C’est Pierre qu’elle est venue “pécho” cette fois-ci. Donc moi, donc vous si vous avez choisi ce pseudo sur Tinder. Les habitués des sites de rencontres savent bien que le premier danger qui les guette lorsqu’ils ont enfin convenu d’un date est de n’avoir absolument rien à dire à leur vis-à-vis. Aucun risque avec Hélisenne dont la tête est encore farcie des souvenirs de sa vie de couple passée avec Paul qu’elle continue de tendrement appeler “mon petit clown”. Nous n’en dévoilerons pas plus du texte de Serge Sandor qui confortera sans doute toutes celles et tous ceux qui ont choisi le célibat pour ne pas avoir à épuiser les charmes de la vie à deux… Le théâtre dans les bars, à mi-chemin du théâtre de rue et du théâtre sur scène, est un défi que relèvent avec brio Hélisenne et Serge qui n’en sont pas à leur coup d’essai au Laurier. “C’est vraiment une forme de théâtre très sportive, nous confirme Hélisenne. Et un véritable numéro de funambule qui fait feu de tout bois car l’une des difficultés est de ne pas perdre la trame quelle que soit la réaction du public que je provoque et sollicite en permanence.” La performance de l’actrice, qui se déroule en présence du metteur en scène, dure un peu moins d’une heure dans la grande salle du restaurant. Louis, le patron, est ravi. Les Pernétiens un peu curieux n’hésiteront pas une seule seconde à venir saluer sa prise de risques en assistant demain soir à la quatrième représentation de Gueule d’égarée pour enfin passer une soirée au restau qui a de la gueule !

Théâtre dans les bars – Gueule d’égarée de Serge Sandor avec Hélisenne Lestringant – Mercredis 13 et 20 décembre à 19h30 – Entrée libre au chapeau – Le Laurier, 2 rue Pernety / 24 rue Didot, Paris 14ème – Réservation au 01 45 42 79 35.
Hélisenne Lestringant et Serge Sandor au “Laurier”

Bruno Bonhoure, Visiteur de Noël à Pernety Village

“Non mais qu’est-ce que c’est que ce bin’s ? Qu’est-ce que c’est que cette mascarade ?” Nous n’en revenons toujours pas d’avoir été soudainement propulsés sept siècles en arrière au temps de Boutouille la Fripouille en rencontrant Bruno Bonhoure, le codirecteur de l’ensemble de musique médiévale La Camera delle Lacrime, à la terrasse du café-restaurant L’Imprévu ce lundi 6 novembre 2023. Au Moyen Âge, bouteiller était le titre donné à l’officier chargé de l’approvisionnement en vin d’une cour. Il pouvait aussi avoir un rôle d’échanson, ce qui signifie qu’il pouvait être amené à servir le roi à table dans les grandes occasions. Pas de bol, Bruno a commandé un café-crême…

Voyages dans les couloirs du temps

Mais foin de rire et chansons pour notre visiteur de marque qui commence l’interview sur les chapeaux de roues ! Il faut dire que son agenda de fin novembre est très chargé : rencontres professionnelles à la Philharmonie de Paris, mise en ligne des nouveaux épisodes d’une série pédagogique sur le Moyen Âge, et sortie du dixième album de l’ensemble La Camera delle Lacrime basé à Clermont-Ferrand qu’il codirige (depuis presque vingt ans) avec Khaï-Dong Luong. Nous avons écouté ce CD qui nous a transporté au 14ème siècle, en 1348 très précisément, alors qu’une épidémie de peste ravage la ville de Florence. Le spectacle Visions Amoureuses dont Bruno est l’un des interprètes vocaux est créé à partir de textes du Décaméron de l’écrivain italien Giovanni Boccacio et porté par la musique de Guillaume de Machaut et de Haendel. Un très beau cadeau de fin d’année pour les amateurs et les curieux, disponible à la commande sur le site de l’ensemble musical à partir du 22 novembre (cliquer ici). Pour permettre aux enfants des écoles et aux collégiens de ne pas rester en rade et de voyager avec nous dans les couloirs du temps, Bruno et son équipe sont également à l’origine de la création de Circum Cantum, une série pédagogique qui leur propose une histoire du Moyen Âge au fil des chansons. Neuf nouveaux épisodes, chacun assorti d’un karaoké médiéval, pourront être découverts le 22 novembre également en cliquant ici. C’est joyeux, pertinent et c’est gratuit !

Sortie le 22 novembre 2023

Visions covidiennes

Et les Quatorziens alors ?, me direz-vous ! C’est là qu’intervient Catherine Desbordes, la Miss Marple de Pernety, qui accueille, entre le 23 et le 31 décembre 2023, dans sa petite brocante du 45 de la rue de la Sablière une exposition des dessins de Bruno réalisés pendant la période du confinement particulièrement frustrante pour les créateurs. “Comme je tournais chez moi comme un lion en cage, j’ai ressorti feutres et papiers et j’ai dessiné une image par jour que je postais ensuite sur Instagram, se souvient Bruno. Curieusement, il m’a été impossible d’en faire une sélection tant ces dessins touchaient à ce qu’il y a de plus intime, plus encore que le chant qui est pourtant extrêmement intime. Mon amie Catherine, qui est une grande gourmande, a souhaité en sélectionner un certain nombre en vue d’une exposition dans sa galerie-brocante qui débutera donc le 23 novembre. Mes dessins sont pour partie des clins d’oeil politiques en réaction aux décisions des autorités pour ce qui est dessins satiriques, et aussi (il n’y aura pas les dessins politiques chez Catherine) des clins d’oeil à la poésie, celle d’Eluard par exemple, ou à la peinture avec la figure de Victor Brauner qui est centrale dans mes recherches graphiques. Il y aussi certains objets de mon intérieur. J’ai chez moi plusieurs boîtes d’images représentant des artistes que j’aime ou bien encore des oeuvres du patrimoine mondial sur lesquelles j’ai pu réaliser certaines variations. Je suis également un grand admirateur du résultat du geste nécessaire et performatif de celui qui orna les murs des grottes peintes, en particulier le site de Peuch Merle dans le Quercy”. Visiblement, les idées ont fourmillé dans la tête du chanteur et directeur musical Bruno Bonhoure pendant la très funeste période du confinement, confirmant le principe d’éniantiodromie énoncé par Héraclite selon lequel tout mal apporte avec lui le bien correspondant. Allez donc le vérifier une nouvelle fois entre le 23 et le 31 décembre 2023 au 45 rue de la Sablière !

Cliquer ici pour pour accéder au site de La Camera delle Lacrime et ici pour les dessins de Bruno postés sur Instagram.

Catherine Desbordes en soutien de l’oeuvre picturale de Bruno

Inauguration de la plaque du 54 de la rue du Château

La plaque définitive du 54 rue du Château

L’inauguration de la plaque de rue illustrée définitive du 54 de la rue du Château aura lieu à 11h15 dimanche 12 novembre 2023, soit l’année du centenaire de la transformation par Marcel Duhamel pour ses amis artistes d’“une toute petite bicoque de marchands de peau de lapin” en une luxueuse maison qui aura abrité nombre des plus grands noms du mouvement surréaliste.

Une adresse mythique de l’histoire de l’art 

Qu’est ce que le 54 rue du Château ? Cette adresse est aujourd’hui un petit parking situé au dessus des voies de la gare Montparnasse. Il y a tout juste un siècle, c’était “un atelier, un phalanstère, une maison ouverte à tous vents, aux artistes et aux chats”. Combien d’illustres artistes sont-ils passés ou bien ont-ils vécu dans ce repère d’originaux créé grâce aux bons soins de Marcel Duhamel, futur éditeur de La Série Noire ! Breton et Prévert bien sûr qui figurent sur la photo de la plaque de rue illustrée apposée par le street-artist Jean-François Caillarec. Mais également Tanguy, Giacometti, Desnos, Queneau, Aragon, Péret, etc. De très nombreuses réunions surréalistes se sont tenues à cette adresse et c’est là que Prévert aurait donné au jeu des petits papiers le nom de “cadavre exquis”. Dans Hebdromadaires (1972), l’auteur de Paroles se souvient : “Breton disait de la rue du Château qu’il n’avait pas vu pareille atmosphère de liberté… Il y avait un peintre, Yves Tanguy qui n’avait jamais peint, un mécène, Marcel Duhamel, qui était alors directeur d’hôtel, et moi qui ne foutais rien.” On y trouvait “le véritable alambic de l’humour au sens surréaliste”, surenchérit Breton dans ses Entretiens. C’est pour honorer cette adresse mythique de l’histoire de l’art que trois artivistes de l’art urbain du 14ème arrondissement de Paris vous invitent dimanche 12 novembre 2023 à 11h15 à l’inauguration de la plaque mémorielle illustrée posée au 56 rue du Château tout à côté de l’emplacement du 54. Notez qu’un second évènement organisé autour de cet endroit mythique semble également être dans les cartons du Conseil de Quartier Pernety qui est le propriétaire de la plaque de rue illustrée.

Plus d’information en cliquant ici.

Pochoir d’André Breton réalisé par Ariane Pasco sur le parking du 54

 

Balade street-art à Paris 14 : art urbain et mémoire des lieux

Double anamorphose en hommage à Coluche et sa femme Véronique par Zag et Sia

“Les lieux se souviennent des évènements”, notait James Joyce dans son roman Ulysse. Cette réflexion, qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd mais dans celle du Quatorzien Claude Degoutte, figure en exergue de son très beau livre intitulé Paris Street Art, la mémoire des lieux. Le “fotograff” y revisite le concept des oeuvres d’art in situ qui sont celles réalisées et produites pour un endroit spécifique en entrant en résonnance avec son histoire, sa mythologie ou son actualité. Claude a bien voulu décliner ce concept localement en nous offrant une balade street art in situ dans le 14ème arrondissement.

De Coluche à Miller, l’extraordinaire substrat artistique du 14ème

A tout seigneur tout honneur, notre balade s’ouvre, aux confins du 13ème arrondissement, par l’hommage à Coluche situé entre la rue Gazan où il résidait et la rue de l’Amiral Mouchez : le génial humoriste et sa femme Véronique y sont réunis dans une double anamorphose réalisée par Zag et Sia sur l’escalier d’une trentaine de marches de la rue Lemaignan. Un peu plus loin, nous traversons le parc Montsouris où fut tourné Cléo de 5 à 7, le célèbre film d’Agnès Varda qui habitait la rue Daguerre à deux pas de laquelle a été réalisée en son honneur une fresque poétique de 25 m. “On réfléchit à immortaliser le film par une plaque ou un pochoir sur une boite métallique du parc”, nous dit Claude. Sortis avenue René Coty, nous sommes soudain confrontés à une oeuvre de street art très originale signée Léonalix Maz représentant une vue aérienne du quartier Montsouris chargée en Lubrizo, principe actif perturbateur des lignes cartographiques. Remontant l’un des escaliers de l’avenue, nous traversons la rue des artistes et tombons rue de l’Aude sur une grande fresque réalisée sur le mur d’un bâtiment Emmaüs par Twopy, qui a fait des rats les principaux personnages de ses oeuvres après avoir séjourné aux Grands Voisins dans un atelier d’artiste qui était un ancien laboratoire où étaient étudiés nos amis “surmulots”. Poussant jusqu’à la villa Seurat, haut lieu artistique du 14ème et autrefois conçue comme une véritable cité d’artistes regroupant de nombreuses maisons ateliers, Claude évoque le souvenir d’une scène des Tontons flingueurs avec Lino Ventura qui pourrait elle aussi être immortalisée par une plaque. Le numéro 18 de la voie qui hébergea Henri Miller, l’auteur de Tropique du Cancer, mais également Chaïm Soutine et Antonin Artaud, marque très précisément le début de la démarche du fotograff se lançant dans le projet d’écrire un livre sur les oeuvres in situ : “J’ai proposé à David Singular Vintage qui avait réalisé un pochoir d’Arthur Miller, qu’il avait collé à Belleville où l’écrivain n’avait pas du tout ses habitudes, de venir le poser à l’endroit où Miller habitait. C’est le concept même de l’in situ que de donner un surcroit de sens aux oeuvres produites. L’idée a beaucoup plu à David qui l’a réutilisée pour Albert Camus dont il a posé un pochoir à l’hôtel du Poirier rue Ravignan où il a terminé d’écrire L’étranger ainsi que rue Réaumur où il travaillait pour Combat et au Théâtre Antoine où fut créée par lui la pièce Les Possédés adaptée du roman de Dostoïevski”

Pochoir d’Henry Miller par Singular Vintage posé en face du 18 Villa Seurat (Photo C. Degoutte)

Endroits mythiques de l’histoire de l’art

Les oeuvres de street art sont par trop disséminées dans notre arrondissement pour que l’on puisse organiser un véritable circuit de leur découverte comme, par exemple, à la Butte aux Cailles dans le 13ème arrondissement. Après avoir marché un moment, nous nous engageons dans la Petite Ceinture au niveau de la gare du Poinçon. La portion de 750 m de voie ferrée reste un repère important pour les graffeurs de l’arrondissement et réserve de jolies surprises tout le long de ses voies surélevées végétales. Arrivés rue Didot, nous nous arrêtons devant la fresque de Fred Calmets qui rend hommage au grand peintre chinois Zao Wou-Ki. “A son arrivée à Paris, Zao Wou-Ki installa son premier atelier rue du Moulin Vert, tout proche de celui de Giacometi, m’explique Claude. Puis il emménagea rue Jonquoy, tout près de la rue Didot où Fred Calmets a réalisé cette fresque de 4 m sur 9 m à l’initiative des habitants du quartier qui croisaient souvent le peintre dans la rue, sa blouse tachée de peinture et ses vielles baskets aux pieds”. Au niveau de la rue d’Alésia, nous nous arrêtons à l’endroit précis où Cartier-Bresson a pris en 1961 l’une de ses photos les plus célèbres montrant Giacometti traversant la rue sous la pluie, le col du manteau relevé sur la tête. C’est à cet endroit mythique que Jérôme Gulon a collé une mosaïque représentant un portrait d’Alberto Giacometti et assortie d’un clin d’oeil à cette fameuse photo.

La mosaïque de Jérôme Gulon malheureusement disparue (photo de 2011). La référence précise à la photo de Cartier Bresson est toute discrète, en bas à gauche, mais elle y est ! (Photo J. Gulon)

Plaques commémoratives et boîtes à musique

Le 54 de la rue du Château est un autre de ces endroits mythiques en ce qu’il fut il y a tout juste un siècle le rendez-vous de nombreux Surréalistes dont notamment Breton, Prévert et Tanguy. La plaque provisoire collée par les soins de Jean-François Caillarec a tenu deux semaines avant qu’elle ne soit décollée par un indélicat. L’avenir nous dira si ce beau projet de commémoration aura une suite grâce au concours de la Mairie du 14ème. Mais nous nous dirigeons pour l’heure vers l’impasse Florimont dont tous les Quatorziens ont au moins entendu parler parce qu’elle fut pendant plus de vingt ans le lieu de la résidence de Georges Brassens qui est peut-être la plus grande gloire de l’arrondissement. A son entrée, une immense photo de l’artiste déambulant dans l’impasse est sans doute le travail le plus intéressant réalisé par la Mairie du 14ème à l’initiative du Conseil de Quartier Pernety. A l’intérieur de l’impasse, plusieurs plaques commémoratives ont déjà été posées en l’honneur du géant de la chanson française, mais également une boîte à musique Brassens interprétant la chanson Les amoureux des bancs publics. Cette oeuvre originale in situ est celle de The Atomik Nation, deux musiciens qui réalisent pour le street-art des séries de boîtes à musique rendant hommage aux plus grands noms de la chanson française (Brassens, Gainsbourg, Piaf, etc.).

Pose de la boîte à musique Brassens, impasse Florimont.

Le 14ème, berceau de l’art urbain

Après être passés devant l’atelier de Giacometti qui fait l’angle des rues du Moulin Vert et Hyppolite Maindron, nous nous dirigeons pour terminer notre balade vers la rue des Thermopyles dont très peu savent qu’elle a été le berceau français de l’art urbain. “Bien avant la création du square Alberto Giacometti, cet endroit était une sorte de hangar tombé en ruines, nous précise Claude. La légende veut que c’est sur l’un de ses murs qu’a démarré l’art urbain en France en 1981 car c’est à cet endroit précis que le Quatorzien Blake le Rat a posé ses premiers pochoirs dont son livre témoigne. Un exemple bientôt suivi par d’autres, comme Jef Aérosol ou bien encore Miss. Tic”. Nous voici arrivés au terme de notre promenade street-art que nous vous invitons vous aussi à faire en vous laissant guider par le très beau livre de Claude Degoutte qui contient vingt pages sur le 14ème arrondissement et qui sortira en septembre 2023 dans toutes les bonnes librairies (déjà disponible sur le site de la FNAC).

Vient de sortir ! Le livre de Claude Degoutte : “Paris Street Art, la mémoire des lieux”. Cliquer ici pour un avant goût documenté avec des extraits, une bibliographie et 100 photos qui ne sont pas dans le livre.

Art-délinquance à Pernety : Que fait la police ?

Scandaleux ! (Photo C. Degoutte)

Samedi dernier 24 juin a marqué une nouvelle journée noire pour le Quartier Pernety dont nombre d’habitants se désolent de constater la dégradation continue de la qualité de vie. A son point excentré du 56 de la rue du Château qui est limitrophe du 15ème arrondissement de Paris, des vandales ont saccagé le somptueux mobilier urbain dont les services de la voirie parent nos rues. Pernety 14 a mené l’enquête.

Activistes “surréalistes” amateurs de “cadavres exquis”

Arrivé sur les lieux du forfait, notre envoyé spécial n’a pu que constater les dégâts : sur l’aile droite de l’ensemble immobilier du 23 place de Catalogne qui va du 10 rue Alain au 56 rue du Château, la très surréaliste plaque de rue indiquant la fin de la rue du château a été affublée d’une photo représentant quatre hurluberlus sévissant dans le Quartier il y a aujourd’hui un siècle : un certain Jacques Prévert, sa femme Simone et son frère Pierre entourent André Breton, ancien gourou d’une secte dite “surréaliste”. Autant dire des poètes… Une recherche sur internet (cliquez ici) nous apprend que ces zozos vivaient il y a cent ans avec leurs compagnes au 54 de la rue du Château qui était à l’origine “une toute petite bicoque de marchands de peau de lapin” transformée en une luxueuse maison par Marcel Duhamel, éditeur et futur créateur de La Série Noire. Dans Hebdromadaires (1972), le susnommé Jacques Prévert se souvient : “Breton disait de la rue du Château qu’il n’avait pas vu pareille atmosphère de liberté… Il y avait un peintre, Yves Tanguy qui n’avait jamais peint, un mécène, Marcel Duhamel, qui était alors directeur d’hôtel, et moi qui ne foutais rien.” On y trouvait “le véritable alambic de l’humour au sens surréaliste”, surenchérit le dit Breton dans ses Entretiens. De fait, le 54 de la rue du Château, qui est aujourd’hui un petit parking situé au-dessus des voies de la gare Montparnasse, était il y a un siècle “un atelier, un phalanstère, une maison ouverte à tous vents, aux artistes et aux chats”. Outre Breton et Prévert, Giacometti, Desnos, Queneau y passaient. Benjamin Peret, puis Aragon y vécurent. Beaucoup de réunions surréalistes s’y tinrent et c’est là que Prévert aurait donné au jeu des petits papiers le nom de “cadavre exquis”. Nous sursautons aux mots de “cadavres exquis”. Comment un cadavre pourrait-il être exquis ? Pourquoi diantre des activistes surréalistes auraient-ils voulu rendre hommage à des nécrophages ? Sans doute vaut-il mieux appeler la police… Oui, le recours à la maréchaussée est de toute force nécessaire. Car vraiment, quels exemples pour nos enfants que ces poètes bons à rien ? Imagine-t-on encore aujourd’hui nos chères petites têtes blondes réciter du Prévert quand elles ont bien mieux à faire avec leurs jeux vidéos ou leurs poupées LOL ? Fort heureusement, la plaque “provisoire” sauvagement apposée sur celle du 56 de la rue du Château pourra facilement être ôtée par les services de la municipalité. Nous rappelons quand même à ces vandales, surréalistes en peau de lapin, que la dégradation des mobiliers urbains est punissable de plusieurs sanctions. Dans le cas de dommages légers, le responsable du délit se doit de payer une amende de 5e classe et est passible d’une peine de travail d’intérêt commun. Dans le cas de dommage plus grave comme la destruction de biens immobiliers ou des tags, le fautif encourt une peine pouvant aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement avec une amende de 30 000 euros. Cette sanction peut aller jusqu’à 75 000 euros d’amende et cinq ans de prison.

Une photo de la victime avant sa sauvage agression (Photo YB)

Le sort du Village Pernety suspendu au bon vouloir de la Mairie de Paris

Le désastre annoncé

Trois ans de travaux dans les rues Losserand et Niepce à même de complètement défigurer le Quartier Pernety et d’acculer à la faillite tous les commerçants environnants, est-ce seulement concevable ? C’est pourtant le projet annoncé par la RATP qui a aujourd’hui obtenu l’aval de la Mairie du 14ème arrondissement. Une résistance désespérée s’organise toutefois à Pernety Village sous la houlette de Dominique Mazuet, l’irréductible libraire du 63 de la rue Raymond Losserand, qui figure au premier rang des potentiels futurs sinistrés de ce gigantesque chantier dont le bien-fondé reste discutable.

Des palissades de deux mètres de hauteur ?

Les travaux qui n’en finissent pas de finir, c’est un peu le dada de la Mairie de Paris, comme tout le monde aura pu le remarquer depuis les deux mandatures d’Anne Hidalgo. Les Pernétiens, qui n’ont pourtant jamais rien demandé de plus que de vivre paisiblement dans leur Quartier, n’échapperont sans doute pas non plus à cette manne municipale. Il est en effet prévu qu’une véritable nouvelle “zone industrielle” vienne s’enkyster au coeur du Village Pernety pendant pas moins de trois ans (!). C’est la RATP qui, sous l’impérieux prétexte de la modernisation de la ligne 13 du métro, est à l’origine des nuisances programmées pour tous les habitants de notre Quartier et plus particulièrement pour les commerçants les plus directement concernés des rues Losserand et Niepce, qui sont bien sûr vent debout contre ce projet. “Ce chantier signe la disparition quasi-certaine des commerces les plus exposés dont les vitrines seront complètement masquées et qui ne pourront même plus du tout être livrés, ne décolère pas Dominique Mazuet dont les deux échoppes qui constituent la Librairie des Tropiques se font face rue Losserand. Le préjudice est pour nous énorme sans que nous ne puissions bénéficier d’aucune garantie d’indemnisation de la part de la RATP”. Les riverains s’inquiètent quant à eux du vacarme et des vibrations causés par les engins de chantier pendant trois longues années ainsi que de la pollution et de la poussière engendrées par les travaux et les ballets continuels de camions circulant pour évacuer la terre excavée. Le chantier est à coup sûr synonyme d’une très durable mise entre parenthèses de la vie de Quartier à Pernety dans la mesure ou des palissades de deux mètres de haut installées de chaque côté de la rue Losserand interdiront aux Pernetiens de se croiser sur les trottoirs transformés en zones de stockage du matériel de la RATP ou bien tout simplement de traverser la rue. Seul un étroit passage d’un mètre quarante rasant les vitrines des commerçants permettra la circulation des piétons le long du titanesque chantier dont les prémices ont d’ailleurs été posés puisque l’on a pu, pendant quelques mois déjà, buter sur les pieds en béton soutenant les palissades provisoires qui ont été installées rue Losserand en entravant considérablement le déplacement des poussettes des mères de famille et des personnes à mobilité réduite.

“Télé 14” toujours sur la brèche

Un argumentaire à géométrie variable

Et ceci n’est bien sûr pas le moindre des paradoxes pour un projet longtemps présenté par la très “inclusive” Mairie du 14ème comme destiné à faciliter l’accessibilité aux handicapés du métro de la ligne 13. De fait, pendant trois années de leur vie, les personnes à mobilité réduite ou difficile (personnes en fauteuil roulant, personnes âgées ou mal-voyantes marchant avec une canne ou un déambulateur) verront leur circulation considérablement gênée dans un Quartier très médicalisé qui abrite de nombreuses institutions spécialisées pour les personnes souffrant de handicaps dorénavant privées des courses qu’elles aiment tant faire dans le Village Pernety. Il n’est d’ailleurs plus question d'”accessibilité augmentée” depuis que la RATP a elle-même démenti qu’elle a jamais eu le projet d’installer une entrée avec ascenseur pour les handicapés. On ne parle plus aujourd’hui que de “sécurité augmentée” pour garantir les évacuations des voyageurs en cas d’incident ainsi que de “mise aux normes” et de “modernisation de l’infrastructure électrique de la station”. Mais en quoi la station de métro Pernety exigerait-elle plus que les autres stations de la ligne 13 une mise aux normes anticipée ? Ne serait-il de surcroît pas possible d’envisager de réhabiliter la station actuelle pour la rendre compatible avec les nouvelles normes sans nécessiter le pharaonique chantier prévu pour durer pendant trois interminables années ? Autant de questions auxquelles ni la RATP ni la Mairie du 14ème ne répondent clairement, qui essaient bien plutôt de se repasser tant bien que mal la patate chaude. Un adjoint de la Mairie n’a d’ailleurs pas caché son embarras devant une commerçante directement menacée de mettre la clé sous la porte en cas de validation finale du permis de construire et du projet de chantier par la Préfecture et la Mairie Centrale : la Mairie de Paris serait en effet déclarée responsable s’il survenait un quelconque problème de sécurité dans l’hypothèse où les travaux présentés comme “d’intérêt public” par la RATP seraient ajournés de son fait… Il n’en demeure pas moins que, s’ils sont finalement sacrifiés sur l’autel du principe de précaution, les habitants et les commerçants du Quartier Pernety auront vraiment bon dos !

Cliquer ici pour lire “la lettre ouverte à Mme Hidalgo” de Dominique Mazuet et visionner la vidéo pour le dossier très complet (et très à charge) de Dominique.

Conseil de Quartier Pernety : la chienlit jusqu’à quand ?

Cela fait aujourd’hui quatre ans que le plus grand désordre règne au sein du Conseil de Quartier Pernety sans qu’aucune issue positive et constructive ne soit en vue. Quelle est donc la malédiction qui touche cette instance participative d’expression, de co-construction, de proposition et d’initiative, conçue au service des habitants et des acteurs de notre bien-aimé Village Pernetix ?

Une ambiance toujours délétère

On avait pu espérer qu’un vent d’air frais allait souffler sur le Conseil de Quartier Pernety avec l’arrivée en septembre dernier de nouveaux volontaires au Comité d’Animation dont nous sentions tous qu’ils étaient capables et susceptibles de donner un nouvel élan à la très poussiéreuse et très ronronnante structure municipale (cliquez ici). Patatras ! En fait d’habits neufs, ce sont des habits de clown qu’a revêtus le Conseil de Quartier Pernety en cette fin d’année 2022 : nouvelles démissions, demandes d’exclusion en rafale, membres du Comité d’Animation ostracisés, listes de votants trafiquées, bagarres en réunion plénière, comptes-rendus de réunions rendus illisibles par leur interminable longueur, projets abandonnés, etc., la liste des dysfonctionnements qui minent le Conseil de Quartier n’en finit pas de nourrir les quolibets des Pernetiens qui daignent encore s’intéresser à la vie citoyenne. Il s’agit pourtant à la marge de l’utilisation de l’argent des contribuables ! Mais quel mauvais génie hante donc cette émanation de la Mairie du 14ème arrondissement, dont l’activité principale serait de glisser des peaux de banane sous les pieds de celles et de ceux qui veulent sincèrement faire avancer leur Quartier en portant de beaux projets comme celui de la pose d’une plaque mémorielle au 54 de la rue du Château (une adresse mythique de l’histoire de l’art en ce qu’elle a été le rendez-vous il y a tout juste un siècle de très nombreux artistes surréalistes dont notamment Prévert, Breton, Desnos et Tanguy) ? L’enquête du Service de Démocratie Locale piétine, les toutous aboient et la caravane passe. Tout va très bien, Madame la Marquise ! Les griefs de celles et ceux qui auraient souhaité ces dernières années mieux travailler avec le Conseil de Quartier comptent pour du beurre (cliquez ici) et les très récentes contestations concernant les “fraudes” qui auraient affecté la sincérité des votes réalisés lors de la dernière réunion plénière de décembre ne peuvent sans doute émaner que d’un cerveau malade…  “L’ambiance est délétère”, a commenté Mme la Maire Carine Petit alors qu’elle assistait à la réunion plénière d’octobre 2022 à l’occasion de laquelle certains participants en sont presque venus aux mains sous le regard médusé des policiers municipaux venus participer à la discussion organisée sur le thème de la sécurité. Y a-t-il encore un pilote dans l’avion ?

Qui sera le prochain cadavre exquis du Conseil de Quartier Pernety ?

Humilité et respect demandés

Piloter un Conseil de Quartier demande certes des qualités intellectuelles, mais également des qualités humaines et morales. Il ne faut bien sûr pas être naïf ou faire semblant d’ignorer que se jouent au sein de cette instance citoyenne (qui n’est pour beaucoup qu’un marchepied politique) des stratégies personnelles non-avouées. Mais l’agenda politique caché de tel ou tel doit-il être le prétexte de toutes les manoeuvres frauduleuses ou de déstabilisation du rival supposé ? Le jeu démocratique exige le respect des règles et de l’adversaire qui ne doit pas être traité avec brutalité, déloyauté, condescendance ou mépris, mais bien plutôt avec tact, compréhension et équité. Sans quoi ce jeu démocratique dégénère immanquablement en un très stérile obstructionnisme procédurier dans le tapis duquel les plus aguerris à la ruse et aux calculs politiques finissent par se prendre les pieds, comme vient de le démontrer le dernier scandale en date du Conseil de Quartier Pernety. On devrait pourtant pouvoir faire avancer son Quartier en portant de beaux projets pour le collectif sans systématiquement susciter la défiance des uns et des autres. A quoi cela sert-il de toujours vouloir jouer perso et/ou de s’enfermer dans l’opposition systématique ? Construisons plutôt – sans tacler au passage ceux qui sont plus capables ou plus brillants ou qui ont à l’occasion de meilleures idées que nous-mêmes ! Cela impose de surmonter son égo, d’accepter de ranger la jalousie au rayon des accessoires inutiles et de faire preuve d’humilité. On ne peut pas tout savoir sur tout, avoir toutes les qualités et toutes les compétences, et on a nécessairement besoin des autres pour faire avancer le Bien commun. Noël est une période propice aux belles paroles, espérons que celles-ci seront suivies d’effets lors des prochaines réunions du Conseil de Quartier Pernety. Nous sommes pour notre part définitivement persuadés que le Père Noël n’est pas une ordure !

Le ciel est tombé sur la tête du Père Noël !