COQUA, pour redonner le goût du collectif à Pernety-Plaisance

Manifestation pour le retour des feux tricolores à Pernety (Sylvie Boudoulec à droite)

Alors que l’abstention aux différentes élections ne cesse de battre des records, nombreux sont celles et ceux qui continuent à vouloir s’impliquer dans leur vie de quartier, à l’intérieur ou hors du cadre institutionnel de la démocratie participative, pour améliorer la qualité de vie des citoyens-habitants. Nous avons rencontré Sylvie Boudoulec, la porte-parole de COQUA, un collectif rassemblant une centaine de personnes particulièrement actives dans notre barrio.

Un diagnostic sévère mais juste de la dégradation des conditions de vie à Pernety-Plaisance

La charte de COQUA (cliquez ici) détaille sur deux pages et demie les objectifs que s’est assignés le Collectif des habitants, usagers et riverains du quartier Pernety-Plaisance et qui s’articulent notamment, mais pas exclusivement, autour de la restauration d’une meilleure sécurité et d’une plus grande propreté dans notre Quartier. Sylvie Boudoulec, la porte-parole de COQUA, a exercé par le passé les fonctions de chef d’établissement dans plusieurs zones d’éducation prioritaire. Elle est donc également très sensible à la question éducative qui est souvent à la base des problèmes de délinquance et d’incivilité. Entourée d’une centaine de personnes dont certains sont des acteurs de la vie sociale, elle mène depuis plus de sept ans un combat résolu contre la dégradation des conditions de vie des habitants de Pernety Village. COQUA, qui se veut totalement indépendant des partis politiques et des groupements confessionnels, porte haut les valeurs et principes de pluralisme, de laïcité, de mixité sociale et défend ardemment la possibilité d’argumenter rationnellement dans les débats. Le collectif s’est affirmé ces dernières années comme un interlocuteur crédible de la Mairie du 14ème arrondissement et de la Préfecture de Police de Paris pour toutes les problématiques qui concernent la qualité de vie et la qualité de l’environnement dans notre Quartier. Lors des élections municipales de 2020, il a souhaité interroger les candidats en lice sur leur projet respectif pour notre arrondissement et a notamment pu rencontrer Mme Carrère-Gée ainsi que MM. Azière, Letissier et Villani sans toutefois réussir à obtenir audience auprès de la municipalité en place qui a été reconduite autour de Madame la Maire Carine Petit. « Nous ne fonctionnons pas mieux avec la nouvelle équipe municipale qu’avec l’ancienne, nous confie Sylvie qui déplore l’absence de réelle concertation entre les représentants de la municipalité et les habitants et usagers du Quartier. La concertation ne peut en aucun cas pas être confondue avec la communication et l’information diffusées unilatéralement par les autorités municipales ou la désignation par la Mairie de quelques individus comme seuls interlocuteurs valables sur un dossier, encore moins avec le recours à des commissions de conseils de quartier filtrant les propositions sans critère objectif de sélection. » Quand bien même elle s’est investie depuis peu à titre personnel au Conseil de Quartier Pernety avec lequel les « Coquaziens » auraient souhaité mieux collaborer ces dernières années, Sylvie n’en déplore pas moins les « dérapages » de la démocratie participative qui a notamment vu disparaître fin 2018 du conseil de quartier la commission Vivre ensemble, paix sociale et sécurité initiée en 2016 par COQUA et certains commerçants réunis au sein de l’association des Plaisanciers. Une autre illustration de ces « dérapages » est le refus affirmé de toute concertation avec les habitants non répertoriés comme handicapés sur le sujet devenu aujourd’hui obsolète de la suppression expérimentale des feux tricolores sonorisés. Le déni de démocratie s’accompagne parfois d’un déni de réalité lorsque, comme le déplore Sylvie, l’adjoint en charge de « la prévention, de la police municipale, de la tranquillité publique et de la Ville du quart d’heure » refuse de voir inscrire dans l’intitulé de sa charge le terme sécurité comme s’il n’acceptait pas de s’en voir attribuer officiellement la responsabilité alors que la sécurité s’est pourtant bien dégradée dans notre Quartier depuis quelques années en nourrissant le sentiment d’abandon et de déclassement des populations, notamment celles qui résident dans les cités HLM.

Apéro pour fêter la réactivation des feux tricolores avec les partenaires non voyants devant la librairie « Les Tropiques »

Des propositions et des actions concrètes pour remédier à la situation dégradée du Quartier

Pour pallier les manques et manquements de la municipalité – qui a néanmoins été dotée depuis novembre 2021 d’une police municipale (mais en effectif toujours actuellement insuffisant) – , COQUA se veut résolument constructif. « Nous ne sommes jamais seulement dans la critique et nous avons des propositions concrètes, insiste Sylvie. Et c’est pourquoi nous continuons à rencontrer un maximum de gens – des élus comme des personnes de terrain – pour continuer à nouer un dialogue fructueux ». La porte-parole de COQUA déplore toutefois qu’une partie des élus soit constituée d’anciens militants associatifs auxquels leur passé donne certes une légitimité mais qui n’ont aucune réelle idée de ce que peuvent représenter les contraintes liées à l’administration d’une commune de plus de 120.000 habitants dont ils partagent la charge avec la Mairie Centrale. « Il n’y a pas d’évaluation pour vérifier que les objectifs qu’on s’est fixés ont bien été atteints et il n’y a pas d’analyse globale et systémique, sans espace-temps intermédiaire entre le très court terme et une vision très lointaine et utopiste, des projets et idées portés. On ne s’improvise décidemment pas sans transition ni formation adjoint au Maire », fait remarquer Sylvie. Pourtant, des solutions de bon sens existent, qui pourraient par exemples consister à auditer les associations subventionnées qui animent le Quartier ou font de l’accompagnement social et scolaire, ou bien à doter le Quartier Pernety d’un véritable centre d’animation pour les jeunes qui viendrait en complément de la ludothèque proposée par l’association Florimont. « Plutôt que d’affirmer une volonté pérenne de prendre les choses en main en assurant et en contrôlant la qualité des prestations fournies, la municipalité se contente le plus souvent d’un saupoudrage d’activités ponctuelles et à la carte qui ne satisfont en définitive personne », regrette Sylvie. Un exemple caricatural de l’absence de réelle volonté municipale est illustré par le destin du voeu porté par COQUA qui a pourtant été voté en mars 2021 en Conseil de Paris et qui a trait à la prévention de la délinquance en prévoyant le financement de deux postes supplémentaires d’éducateurs spécialisés à la Fondation Jeunesse Feu Vert basée à Pernety-Portes de Vanves et d’Orléans. Ce financement n’a toujours pas aujourd’hui été débloqué et l’équipe Feu Vert attend depuis maintenant plus d’un an l’arrivée des deux nouveaux éducateurs qui continuent à cruellement lui manquer… Pour autant, COQUA ne prêche pas toujours dans le désert. Des liens fructueux ont ainsi été noués avec le commissariat de police du 14ème arrondissement et renforcés suite aux évènements du 14 juillet 2020 marqués par des affrontements entre jeunes du quartier et policiers. COQUA a été invité aux réunions qu’il organise et va être associé à un groupe opérationnel de prévention-sécurité destiné à élaborer des solutions pour chaque problème détecté en travaillant avec les acteurs de terrain que sont les établissements scolaires, les associations de locataires, les gardiens d’immeubles et le Groupement Parisien Inter-bailleurs de Surveillance (GPIS). « On veut passer d’un discours faussement rassurant qui exaspère les habitants du Quartier à des pratiques d’intervention et de construction (y compris de co-construction) réelle et qui donne des résultats », nous assure Sylvie. Mais ce n’est bien évidemment pas le seul sujet sur lequel COQUA s’active, et le collectif est également très en pointe pour suivre les développements des nombreux chantiers qui se déploient jusqu’à Montparnasse dont notamment le projet de forêt urbaine place de Catalogne. Les renards ont intérêt à bien se tenir !

Pour contacter et/ou rejoindre COQUA, vous pouvez envoyez un email à 75coqua14@gmail.com. Vous pouvez aussi vous connecter au compte Twitter du collectif : @Coqua14.

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