Lucas Gurgui : « Le vin, ça bouge énormément »

Lucas, Karoll et Robin, associés de « Volatiles »

Une nouvelle cave à vin indépendante dont le nom n’a pas manqué d’intriguer les habitants et passants du Quartier Pernety s’est installée courant novembre 2021 au 182 de la rue du Château. Mais qui sont donc ces drôles d’oiseaux de Volatiles ? Nous avons rencontré Lucas Gurgui, le gérant de cette nouvelle enseigne qui contribue à embellir et donner de la vie à l’une des artères principales de notre barrio, et nous n’avons pas été déçus du voyage. Accourrez chez Volatiles, il n’y a que quelques centaines de mètres à peine à vol d’oiseau !

Le fruit d’une histoire familiale née autour de la passion du vin

Lucas Gurgui n’est pas exactement le tout venant du caviste. Qui se plaindrait de voir notre Quartier poussé vers le haut ? A quelques pas de L’Assiette, le restaurant où le Président Mitterrand avait ses habitudes, il a, avec son frère Robin et sa cousine Karoll, créé un nouvel endroit où peuvent se retrouver les amateurs de vins de qualité. Sa cave est en fait un projet annexe à un projet familial plus global visant à développer une nouvelle offre hôtelière rue Mallar dans le 7ème arrondissement de Paris. A l’âge de 30 ans, Lucas qui a déjà fait le tour du métier de chef-comptable dans le secteur automobile veut « retourner sur le terrain » au contact de la clientèle. Puisqu’il partage depuis toujours avec son frère Robin la passion du vin, il suit les formations intensives et diplômantes délivrées par l’Académie des Vins et Spiritueux et décroche les trois niveaux de qualification WSET (Wine and Spirit Education Trust). Robin est déjà pour sa part un directeur de salle et un sommelier reconnu du restaurant Le Mermoz dans le 8ème arrondissement de Paris. Tous deux vont saisir l’opportunité qui s’offre à eux d’ouvrir une cave à vin indépendante rue du Château dans le 14ème arrondissement de Paris. Elle sera baptisée Volatiles à la fois pour faire écho au projet familial de boutique-hôtel développé autour du concept des oiseaux et comme un clin d’oeil ironique (et un peu risqué…) à la notion d’acidité volatile des vins. Les deux frères ont le sens de l’humour, ils savent de quoi ils parlent, et ils vont maintenant s’attacher à mettre en valeur les artisans vignerons passionnés et sincères qu’ils connaissent et avec lesquels ils partagent l’amour du très bon vin et du travail bien fait.

Chercheurs de pépites et de perles rares

C’est en effet leur relation particulière avec les vignerons qui détermine le choix des vins qu’ils proposent dans leur toute nouvelle cave. « Robin et moi nous déplaçons assez régulièrement dans les vignobles français pour créer des contacts et regarder comment les artisans travaillent avant de revenir sur Paris notre voiture pleine de bouteilles, nous dit Lucas.  Ce n’est bien sûr pas comme cela que fonctionnent les cavistes franchisés qui n’ont généralement ni le choix de leur sélection ni le privilège de pouvoir se déplacer pour rencontrer les vignerons. Plus que comme de simples vendeurs, nous nous comportons comme de véritables chercheurs de pépites, et c’est bien sûr là notre plus grande valeur ajoutée. » Leurs critères de sélection sont d’ailleurs autant humains que techniques car nos amis cavistes sont convaincus que le vin est à l’image du vigneron : « Quand le courant passe bien avec le vigneron, son vin ne peut que être bon, nous assure Lucas. Nous valorisons la culture biologique, voire naturelle, sans sulfites ajoutés, et sélectionnons exclusivement des vins propres, sans déviance ». La réputation des artisans vignerons se fait par le bouche à oreille sur place et également sur internet. « Nous avons la grande chance de connaître pas mal de monde dans le métier, reconnait Lucas. Du coup, nous sommes souvent guidés par des vignerons plus anciens qui nous recommandent les nouveaux venus qui s’installent. La décision finale se fait bien sûr sur la base de notre propre appréciation de leurs méthodes de travail et de la qualité des vins qu’ils produisent. »

Un métier en perpétuel mouvement

Lucas apprécie entre tout d’aller à la découverte de nouveaux artisans vignerons et de nouveaux vins pour ensuite venir les proposer à sa clientèle dans sa pimpante nouvelle boutique du 182 rue du Château. « Le vin, ça bouge énormément, nous apprend-il. On est de moins en moins sur les appellations traditionnelles de grands châteaux et il y a beaucoup de nouveaux vignerons qui font évoluer les choses en cassant un peu les codes et en sortant des appellations pour ne pas être contraints par un cahier des charges ou par un comité de dégustation. Alors même qu’ils rentrent par leurs vignes dans les ares d’appellation, certains décident de travailler autrement et mieux que ceux qui restent dans les appellations. Et ça marche très bien ! ». Révolution de château(x) pour palais avertis ? Lucas se garde bien d’insulter la tradition : « J’ai bien sûr grandi avec le conventionnel et heureusement que les appellations demeurent pour continuer à servir de références en tant que marqueurs de goût. Mais ce qui peut être amusant quand on commence à boire de façon régulière, c’est de vouloir essayer autre chose et de sortir de Cairanne, de Croze Hermitage ou de Castillon Côtes de Bordeaux, pour aller sur d’autres vins de France, du Bugey ou du Jura ou sur d’autres choses encore qui commencent à bien bouger ». Pour convaincre les curieux, Lucas organise à la cave tous les quinze jours des dégustations qui pourront éventuellement avoir lieu en présence du vigneron producteur. Vous y serez très bien accueillis et très bien guidés pour vous aider à choisir parmi toute une gamme de vins dont les prix varient entre huit euros la bouteille jusqu’à deux cent euros pour les crus plus exceptionnels – avec toujours la certitude de pouvoir bénéficier de conseils avisés pour éviter de vous faire plumer comme des volatiles !

Cliquer ici pour accéder au site internet de Volatiles.

4 réflexions au sujet de « Lucas Gurgui : « Le vin, ça bouge énormément » »

  1. Une très belle présentation de l’esprit « Volatiles ».
    Souhaitons une très belle et longue vie à l’entreprise de ces 3 jeunes aussi sympathiques que professionnels. Allons y très nombreux à la découverte de nouveaux talents aux mille et un nectars.

  2. Merci pour cet article. Ça donne envie de découvrir cette belle adresse qui semble s’adresser aussi bien aux expérimentés qu’aux néophytes. J’y passerai sans hésiter ☺️ !

  3. Quelle bonne idée pour ces « Volatiles » de s’être posés rue du Château ! Merci Yann pour cet article écrit d’une jolie plume.

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