Bienvenue au Cabaraoké de Linda Shell à “L’Osmoz Café” !

Marina and Linda, two girls having fun at “L’Osmoz Café”

Octobre 2026 marque un nouveau départ pour L’Osmoz Café du 33 rue de l’Ouest, bien décidé à conserver son statut très envié de bar fétiche des Pernétiens. A la manoeuvre Smail bien sûr qui reviendra très vite complètement rétabli mais également sa complice Linda Shell bien décidée à mettre les bouchées doubles pour faire vivre cet endroit dont beaucoup d’Américains de passage sont tombés amoureux. Les soirées karaoké auront dorénavant lieu deux fois par semaine, le mardi et le samedi à partir de 20 heures.

De Broadway à Paris 

Nous ne sommes pas tous égaux devant le talent et Linda Shell en a énormément – qu’elle s’applique à partager avec l’ensemble du Village Pernety chaque semaine à L’Osmoz Café.  L’ancienne actrice et chanteuse de Broadway, débarquée à Paris il y a dix ans pour faire carrière dans le tourisme, doit en réalité beaucoup à son environnement familial qui l’a bercée de chansons depuis sa plus tendre enfance. “J’ai toujours chanté car nous chantions tous chez nous, se rappelle-t-elle. Mon père tout particulièrement était un très bon interprète. Prisonnière de ma timidité, je n’ai pourtant longtemps chanté que pour moi-même jusqu’à ce qu’un jour mon frère, qui m’écoutait de loin pousser la chansonnette à la maison alors que je n’étais âgée que d’à peine dix ans, me dise qu’il était persuadé qu’il entendait la radio !” C’est le déclic qui va déterminer le choix de son métier artistique. La toute jeune fille de Brooklyn se rend à New York City pour y prendre des cours de chant et intègre son premier groupe musical à l’âge de quinze ans. Elle mène par la suite, dans l’écrin mythique de Broadway à Manhattan, une carrière riche et variée dans le théâtre et la chanson. “Pour ce qui est de la chanson, je me sens vraiment à même de tout chanter, nous précise Linda. J’adore bien sûr le répertoire de Broadway mais tout autant la pop music que j’aime partager avec tous, ce qui me prédispose depuis toujours à animer des karaokés. Je l’ai fait pendant des années à New York dans un cadre professionnel et j’ai la chance de renouer avec ce plaisir, ici à Paris, grâce à Smail. La chaleureuse ambiance de L’Osmoz Café qu’il sait si bien entretenir et qu’on ne retrouve pas toujours partout à New York s’y prête merveilleusement.”

Le karaoké est une fête

Linda a déjà réuni autour d’elle une petite bande de fidèles qui va bien au delà de Sheldon et Sue qui l’ont aidée à se sentir définitivement à l’aise au très bien nommé Osmoz Café. Des artistes dans l’âme et qui ne s’en cachent pas, ou tout simplement des habitués du café qui se sont pris au jeu du karaoké. “Tout le monde a rêvé d’être chanteur ou chanteuse, j’ai entendu ça toute ma vie !” témoigne Linda. Ce que j’aime entre tout dans le karaoké, c’est qu’il donne à tous l’opportunité de se sentir dans le peau d’un artiste l’espace d’un instant : la légitime appréhension de se produire devant tout le monde et la satisfaction de se faire applaudir par un public bienveilant et indulgent quelle que soit la qualité de la prestation musicale. C’est à la fois une performance personnelle et une expérience inoubliable à la portée de tous. Bien plus encore qu’un concert, le karaoké transforme un bar en une grande fête. D’où l’importance d’évoluer dans un cadre propice à cette véritable osmose humaine qui doit nécessairement être favorisée par un patron à la hauteur de la situation comme l’est Smail.” Les deux complices en soirées festives se font une joie de très bien accueillir tout nouveau public potentiel pour qu’il se sente immédiatement à l’aise dans le bain musical. “Je ne pousse bien sûr jamais personne à participer, mais je sais reconnaître derrière un refus poli de départ une véritable envie de chanter qui a juste besoin d’être un peu encouragée”, nous assure la très psychologue Linda. Alors, que vous vouliez ou non casser la baraque musicale de L’Osmoz Café, laissez vous tenter par le karaoké et venez tenter votre chance tous les mardis et samedis soir au 33 rue de l’Ouest ! Celui qui n’essaie pas ne se trompe qu’une seule fois…

Elbéger, pour ouvrir une fenêtre vers l’abstraction lyrique

Le stand d’Elbéger sur le Marché de la Création Edgar Quinet

C’est une gageure pour un esprit concret et aptère comme le notre de parler abstrait – a fortiori d’abstraction lyrique. A l’invitation de notre ami artiste peintre Vincent Marshall, nous sommes pourtant allés à la rencontre d’Elbéger qui expose tous les dimanches sur le Marché de la Création Edgar Quinet. Comme on n’apprend pas à miauler à un chien, il a fallu de très longues semaines de gestation pour que naisse un article de blog de cette rencontre provoquée.

Energie et lumière

“La vérité est dans l’émotion”, telle est la devise d’Elbéger de même que le slogan de son site internet très complet (cliquer ici) qui est divisé en autant de sections qu’il y a de sources à son inspiration. Arrêtons-nous d’abord à la section People  dont les oeuvres pseudo figuratives constituent une transition vers le pur abstrait. “Les people est une collection que j’ai bâtie en 2017-2018, nous précise Elbéger. Je me suis appliqué à peindre des silouettes en essayant d’y intégrer une dimension spirituelle par la représentation lumineuse d’une énergie qui tend à les rapprocher des icônes religieuses. J’en ai beaucoup vendu avant de décider de passer à autre chose”.  Dans le même registre pseudo-figuratif, l’artiste peintre peut également s’inspirer de paysages – parfois champêtres, le plus souvent marins.  Mais les dernières années de sa production picturale l’ont poussé vers toujours plus d’abstraction. “Ce à quoi je tends, c’est à la restitution d’une énergie que je puise dans la gestuelle au moment où j’exécute mes tableaux et dans la lumière que j’utilise sur des fonds clairs obscurs ou foncés et qui, associée au mouvement et accentuée par lui, va donner toute leur force à mes oeuvres”, nous explique Elbéger qui ne manque pas d’ajouter humblement que chacun est bien sûr libre d’y voir ce qu’il veut.

Un homme – Catalogue raisonné n°186 – Acrylique 60x30cm – 2018 – Non disponible

Georges Bataille et Zao Wou-Ki

Pour nous initier à l’abstraction lyrique, l’artiste peintre évoque devant nous le nom de Georges Mathieu qui en est l’un des pères. Ses oeuvres les plus connues du grand public sont la pièce de dix francs de 1974, le logotype d’Antenne 2 de 1975 et plusieurs timbres postaux restés célèbres. Mais le peintre dont il se rapproche le plus est sans aucun doute le peintre chinois Zao Wou-Ki qui est bien connu des Quatorziens puisqu’il a longtemps vécu dans la rue Jonquoy qui donne sur la rue Didot dans le quartier Pernety.  “Ce ne sont pas forcément des artistes que je connaissais avant que je me mette moi-même spontanément à peindre. Je ne les ai découverts que par la suite même si on me prête souvent leur style, nous précise Elbéger. Je suis allé voir les oeuvres de Georges Mathieu au Musée de la Monnaie de Paris et j’ai découvert Zoa Wou-Ki dans des livres d’art. Ce dernier m’a littéralement “réveillé”. J’adore son approche très recherchée de l’abstraction, la lumière et l’énergie que dégagent ses oeuvres et son affranchissement total de tous les carcans de la peinture”. Rien ne vaut bien sûr une visite au stand d’Elbéger pour vous aussi vous ouvrir une fenêtre (voire une porte) vers l’abstraction lyrique.

Cliquez ici pour accéder au site d’Elbéger.

Abstract n°3 – Catalogue raisonné n°212 – Acrylique 38x46cm – 2020 – Disponible

“Pendant que ça cuit”, les saynètes à croquer de Cypora Petitjean-Cerf

Cypora devant sa batterie de cuisine

Pendant que vous cuisez sous la canicule, Cypora Petitjean-Cerf met déjà les petits plats dans les grands pour nous régaler à la rentrée de septembre d’une nouvelle série de brèves culinaires de son cru. Pendant que ça cuit, saison 2 sera bien plus qu’une formule réchauffée de son exquis mélange de nourritures terrestres et spirituelles : complètement collaborative, interactive et tournée vers les autres, elle se nourrira des anecdotes que vous Quatorziens voudrez bien communiquer à l’autrice et qui seront juste un peu recuisinées à sa sauce. Le top départ pour tous les Top Chefs en herbe est fixé au 7 septembre.

L’écriture comme première nourriture

“Ecrire est le sens de ma vie”, nous déclare sans ambages Cypora Petitjean-Cerf. Les réseaux sociaux sont aujourd’hui un nouvel espace de liberté à la disposition de tous les écrivains y compris des auteur(e)s confirmé(e)s dont Cypora fait assurément partie puisque la romancière et essayiste a déjà publié pas moins de six livres aux Editions Stock et un petit dernier en 2018 au Serpent à plumes (cliquez ici). Depuis, la professeure certifiée en lettres modernes, qui n’entend certainement pas lâcher l’affaire, a investi Facebook et Instagram pour faire vivre sa plume et son goût des autres sans hésiter à se transformer en chercheuse d’or de Paris sud (cliquez ici) et à nous faire partager sa passion pour la cuisine (cliquez ici). La cuisine est la dernière combine de Cypora pour rassasier ses lecteurs au sens propre comme au sens figuré. La romancière a déjà publié en 2018 un premier livre de recettes aux éditions du Cherche-Midi suivi d’un second l’année suivante chez Larousse. Elle est pourtant loin d’avoir tourné la page de la littérature puisqu’elle a lancé en mars 2026 sur Instagram une mini-série littéraire intitulée Pendant que ça cuit : chaque lundi, elle y mitonne des micro-récits, lisibles en seulement trente secondes, dont l’action se déroule devant un four de cuisine.

Prête à travailler en brigade avec les Quatorziens

Qui l’eût cru, Pendant que ça cuit a immédiatement suscité l’enthousiasme et la grande gourmandise du réseau personnel de lecteurs de Cypora. Elle n’a depuis de cesse de vouloir le faire grossir encore et encore. Après avoir mis le 13 juillet dernier le point final au vingtième opus de la première saison de sa mini-série littéraire, elle voudrait aujourd’hui tenter de mettre tout le monde au fourneau en revenant en force à la rentrée de septembre pour une saison 2 complètement participative et interactive. “Je me propose de construire de nouveaux épisodes autour de l’univers de la cuisine grâce aux anecdotes et aux bons mots que chacun voudra bien me fournir, annonce-t-elle. Les courtes histoires à chute que nous créerons en duo apparaitront sur nos profils Instagram respectifs et nous nous servirons mutuellement de relais pour augmenter notre audience sur les réseaux sociaux”. Pernety 14 se fait grand plaisir de lui servir de porte-voix afin de faire venir à elle tous les Quartorziens volontaires qui voudront bien mettre la main à la pâte pour faire aboutir ce beau projet collaboratif. Car l’autrice aujourd’hui exilée à Malakoff est restée une Quatorzienne de coeur après avoir résidé pendant des années dans le quartier Pernety-Plaisance à la suite de quatre générations familiales successives. Accourez-donc, je lui ai fait promettre qu’elle ne mangera personne ! Allez, on vous laisse mijoter encore un peu jusqu’à début septembre…

Cliquez ici pour accéder à la page Instagram de Cypora Petitjean-Cerf et dévorer les 20 épisodes de la première saison de Pendant que ça cuit.

Gare aux flèches acérées d’Antoine Larcher, l’Indien du Quartier !

Antoine “show devant” à “L’Osmoz Café” (photo Alain Guédon)

Antoine Larcher et Les Indiens du Quartier s’apprêtent à sortir d’ici quelques petites semaines un album vinyle de onze chansons – également disponibles sur Spotify (cliquez ici) pour ceux qui n’ont pas de sioux !

11 chansons 100% 14ème !

La première fois que j’ai rencontré Antoine Larcher, le chef Indien de notre cher Quartier Pernety, je me suis présenté à lui comme le shérif de L’Osmoz Café… “On ne va pas être copain, alors !”, m’a-t-il répondu d’un ton glaçant. C’était pourtant cousu de fil blanc puisque ça s’est passé pas loin de chez nous rue de l’Ouest ! Mais je sais qu’au fond je m’en suis bien sorti : rue des Lombards, j’aurais déjà pris son sax en pleine poire (Rue des Lombards). Sur ce coup heureusement, l’archer a tout de suite vu qu’il n’avait pas à faire à une flèche… Tant mieux car il ne faut vraiment pas le chauffer, l’Antoine ! Ne pas le chouffer d’ailleurs non plus (Chouff pas ton portable) – sinon il vous colle direct une tatane (Tatane) sur le parking de l’hôtel (Le Parking)… Le 14ème, c’est son territoire à lui ! Egalement celui de sa tribu d’Indiens qui, pour de très très obscures raisons, le fait chanter depuis des années (sur des rythmes jazz, blues, reggae et biguine). Depuis tout ce temps, il a bien sûr eu le loisir (J’ai le temps) d’en explorer toutes les rues à pied mais surtout à vélo puisque “la bicyclette, c’est pour les artistes” (Le Vélibiste). Du parc Montsouris à la gare Montparnasse, sans oublier de passer boire un kawa (surtout pour lire le journal…) au troquet de Denfert (Panique Générale) ni bien sûr non plus de faire un saut chez les potes de la rue de la Gaîté (Hugette et Roger), le chef indien a en réalité déjà fait dix mille fois le tour de l’arrondissement. Alors ce n’est certainement pas un shérif de carnaval qui va commencer à faire la loi ! On a déjà donné avec Ronnie (Ronnie et Fanfan) et quand Tonton Larcher se fâche (Tonton), il n’y a pas d’homme aux P’tits Pois qui vaille (L’homme aux P’tits Pois). Fort heureusement, Tonton sait encore tenir ses nerfs. Pas comme l’autre Grand Bob qui m’aurait déjà dégommé – en épargnant quand même mon adjoint. Mon adjoint ? Mais il est en Bretagne, mon adjoint ! La Bretagne, ouais bof… Antoine et les Indiens du Quartier préfèrent passer leur mois d’août à Marciac, là où tout se transforme en chansons – et pas en article, ça non !

Cliquez ici pour l’excellent reportage de Figures du XIVè arr. sur les Indiens du Quartier.

Photo Alain Guédon
JeaNo Bertrand, Danièle Kitantou, José Babeu, Phil Demoor, Sega Sickout, Antoine Larcher et Anatole Dumas-Primbault à l’Osmoz Café le 26 février 2026 (photo Alain Guédon)

Jacopo Leone, le forçat des fleurs du bien de la rue du Château

Jacopo devant son atelier-boutique de la rue du Château (Copyright 2000 – 2026 IABI)

Qui ne connait pas Jacopo Leone, alias IABI, ne connait pas le Quartier Pernety ! Plusieurs reportages lui ont déjà été consacrés qui n’en finissent pas de faire le tour de cet authentique artiste total : peintre “anarchiviste” pour les uns (cliquez ici), “collectionneur de mémoire” pour les autres (cliquez ici) ; éternel glaneur et chineur d’objets, brocanteur quand ça lui chante et permanent “architecte du désordre” de son atelier de la rue du Château ; poète enfin et aussi écrivain à ses heures perdues – ou gagnées. Plutôt que lui refaire une nouvelle fois le portrait, devisons aujourd’hui avec lui des choses vraiment importantes de la vie : la liberté et le parfum des fleurs.

La liberté et son chaos associé…

“Je suis un peu claustrophobe de ma vie”, affirme Jacopo qui a été architecte en Sicile avant de s’installer à Paris. Cet homme “au 150 vies” a fait le choix de renoncer au confort pour rester libre. “J’espère ne jamais devenir riche pour ne pas devenir plus fragile”, avance-t-il hardiment – quand d’autres, qui n’ont rien compris à la vie ni sans doute rien à rien, prétendent au contraire que l’argent c’est la liberté. “J’adore le chaos” soutient également celui qui vit avec grand plaisir dans l’univers en apparence très “bordélique” de son atelier Aussi Paris du 119 de la rue du Château. Il en sort chaque jour quelques objets destinés à la vente pour financer son projet d’homme libre. “Les objets sont de petites étoiles dans le grand ciel de la mémoire”, croit-il savoir. Il les mélange à sa guise dans son atelier-foutoir selon son intuition et son instinct pour en faire des structures – complètement déstructurées – et les vend dehors sur le trottoir qui est “sa vraie boutique”.

Jacopo au boulot (Copyright 2000 – 2026 IABI)

… pour mieux respirer le parfum des fleurs.

Jacopo est aussi fleuriste à l’occasion puisqu’il vend celles qu’il peint à jet continu au premier étage de son atelier ou même à l’extérieur lorsque le temps le permet. “Ce projet de fleurs bleues est le projet clef d’un certain moment de ma vie”, confie-t-il. J’ai spontanément choisi les fleurs comme thématique sans vraiment en avoir le choix. Cela fait six ans que je travaille sur le même sujet tous les jours mais de manière totalement différente et jamais pareil.” Plus de 1000 toiles s’entassent au 119 de la rue du château. “Parmi ces 1000 toiles, il y en a 100 qui sont de qualité et 10 que j’adore”, dit-il. Par ces “abstractions figuratives” destinées “à rendre vrai l’imaginaire et imaginaire le vrai”, il cherche “à rendre visuel le parfum des fleurs”. Pour cela, il travaille selon les fulgurances de l’instant et de l’instinct : “Je réalise toutes mes toiles à grande vitesse. Il ne faut ni réfléchir ni chercher à faire des choses jolies, mais juste laisser parler son inspiration pour laisser une trace du Beau”. Une parole d’artiste assurément !

Cliquer ici pour accéder au très beau site en construction de Jacopo Leone.

Dites-le avec des fleurs ! (photo YB)

Maÿlis de Bascher, les couleurs de la (vraie) vie

Maÿlis aux belles couleurs de l’été

“Je serais très heureuse aussi que tu écrives un article sur moi et mon travail. Mais je voudrais ne te donner aucune information et que tu le fasses au feeling telle que j’apparais”. Je me suis levé au milieu de la nuit pour prendre connaissance de son courriel de 23h28 hier soir, et me voilà déjà au travail. Car les désirs de Maÿlis de Bascher sont des ordres et je ne suis que trop heureux de les exécuter…

Le contraire de moi

Maÿlis de Bascher, telle qu’elle m’apparait, c’est un peu le contraire de moi. Elle aime la chaleur émolliente du sud de la France, moi la douceur tonique du climat breton. Elle boit du café en plein été à la terrasse de La Liberté quand je bois un Monaco pour me désaltérer. Elle est toute en couleurs quand, fidèle à moi-même et à mes origines, je continue à m’accrocher, entre gris clair et gris foncé, au Gwenn ha Du de la Bretagne. Maÿlis de Bascher, telle qu’elle m’est apparue vêtue de jaune et de rose il y a un peu plus de quinze jours (un vendredi 13…), c’est une très belle artiste avec suffisamment de classe et d’entregent pour s’intéresser à ceux qui exposaient ce soir-là rue Sainte-Apolline – alors que l’art pictural me laisse souvent assez perplexe. Pour couronner le tout, Maÿlis habite le 6ème arrondissement de Paris, moi le 14ème arrondissement ! Certes nous nous partageons le boulevard du Montparnasse et donc l’âme des montparnos, ces peintres et ces écrivains qui, il y a tout juste cent ans, éclairaient le monde culturel et artistique de leur vibrionnante activité. Vibrionnante comme celle qui vit à mille à l’heure et pour qui les journées sont trop courtes pour faire tout ce qu’elle aime faire – alors que moi je me lève la nuit pour écrire et pour tuer le temps… Très logiquement, je devrais la détester. Et bien non, figurez vous ! J’aime d’autant plus Maÿlis qu’on admire toujours ce qu’on n’a pas et ce qu’on n’est pas. Je la trouve aussi inspirante qu’elle trouve inspirantes les photos des petits ports de Bretagne que je lui envoie sur son téléphone portable. Puissent-elles un jour être le prétexte de tableaux flamboyants et éclatants de couleurs dont elle s’est faite la spécialité !

“Gourmandises”. Acrylique sur toile. 160 x 110 cm. Mai 2025. (Photo Maÿlis de Bascher)

Lumineuses associations de couleurs 

Et puis, nous avons à la vérité la passion en commun. A ma passion pour les mots et les textes correspond sa passion pour la peinture et les couleurs. Maÿlis me demande de parler de son travail alors que je ne suis pas critique d’art pour un sou. Comment faire pour ne pas écrire de bêtises ? Recopier des extraits de la notice biographique affichée en vitrine de chez Adam, le marchand de couleurs, où six de ses oeuvres sont actuellement exposées ? Pas sûr que cela lui plaise… Commençons par nous diriger vers sa page Instagram (cliquez ici) et exprimer ce que voient nos yeux. On y voit beaucoup de grands formats, qui sont des réminiscences des premières années de sa vie passées en Afrique, et beaucoup de couleurs dont les lumineuses associations sont sa marque. Des fleurs mais aussi des paysages parfois étrangement stylisés à nos yeux de béotien. Le maître italien Francesco Giuliari a observé chez notre artiste peintre internationale, dès ses jeunes années bolognaises, une étonnante capacité à structurer ses oeuvres et à les parsemer de petits détails qui dissimulent une histoire dans chaque toile. C’est en 2008 qu’elle se fixe à Paris pour se consacrer à la peinture et à en étudier les mouvements et les styles qui entre en résonnance avec son inconscient. Avant-gardisme russe des années 20, cubisme, pointillisme, impressionnisme, street art, autant d’influences qui nourrissent son inspiration actuelle qu’elle aime développer dans son atelier du sud de la France ou partager avec ses élèves de l’école Notre Dame de l’Assomption Lübeck dans le 16ème arrondissement de Paris. Bien sûr, l’artiste expose également. Son travail a fait l’objet d’une exposition exclusive organisée par la maison Christie’s en 2023, qui pour la toute première fois présente et sponsorise un peintre de son vivant. Sans oublier le 6ème arrondissement auquel elle reste très attachée et où elle a présenté ces dernières années plusieurs fois son travail dont la dernière à l’occasion de l’exposition Décalage horaire qui réunissait cet hiver une cinquantaine d’oeuvres de nature à faire anticiper aux visiteurs l’arrivée des floraisons de printemps et de la lumière de l’été sous une abondance de gaité colorée. “Je rêve de couleurs, je rêve de lumière”, disait Vincent Van Gogh du fond de sa souffrance et de sa solitude. Maÿlis de Bascher n’est que le rêve de Van Gogh devenu réalité… C’est quand même déjà beaucoup !

Cliquez ici pour accéder à la page Instagram de Maÿlis de Bascher.

“Poésies”. Acrylique sur toile. 150 x 120 cm. Mai 2025. (Photo Maÿlis de Bascher)

Les invitations au voyage de Cyril Réguerre

Bateau en partance pour la Bretagne (photo C. Réguerre)

“Mon enfant, ma sœur, / Songe à la douceur / D’aller là-bas vivre ensemble! / Aimer à loisir, / Aimer et mourir / Au pays qui te ressemble!” Est-ce à la Bretagne que pense Charles Baudelaire lorsqu’il écrit L’invitation au voyage publié en 1857 dans le recueil Les Fleurs du mal ? Près de deux siècles plus tard, les Bretons du 14ème arrondissement et d’ailleurs sont toujours là pour faire rêver celles et ceux qui aspirent à d’autres horizons. Cyril Réguerre en fait partie, qui expose ses dessins sur cartes et partitions chaque dimanche au Marché de la Création Edgar Quinet.

Des voyages à la carte

Cyril Réguerre n’est certes pas le premier artiste à utiliser des cartes géographiques comme support de ses oeuvres picturales. Pierre Alechinsky, membre fondateur du mouvement Cobra, a notamment déjà expérimenté le procédé en utilisant de semblables cartes sur lesquelles il trace des figures qui dialoguent avec elles. C’est pourtant un peu par hasard que le dessinateur breton a décidé de prolonger l’idée à sa façon. “Je puisais mon inspiration sur des modèles vivants dans mon atelier de Belleville quand je me suis mis à dessiner sur un atlas qui m’avait été donné, se rappelle-t-il. Au début, je dessinais des nus et des chevaux avant de tenter de relier les pages d’atlas à des thèmes qui leur correspondaient bien”. Toutes sortes de moyens de locomotion qui permettent le voyage (bateaux, avions, voitures, vélos) viennent ainsi agrémenter les cartes du recueil, mais également des animaux sauvages pour illustrer telle ou telle région du monde (des félins d’Afrique aux ours polaires en passant par les bovidés de nos campagnes). Les cartes géographiques interrogent la figuration parce qu’elles sont planes et représentent un espace plus grand qu’elles. Elles deviennent ainsi un voyage pour l’œil mais aussi pour l’esprit qui nourrit tous les rêves d’aventures du dessinateur. D’autres fois, ce sont des plans d’architecte dessinés à la main au début du siècle dernier qui lui permettent, grâce à son formidable coup de crayon (ou plutôt de calame), de resusciter un univers urbain ancien.

4×4 Discovery pour voyage au Gabon (photo C. Réguerre)

Des oeuvres qui dénotent un goût prononcé pour le beau

Le calame est le roseau taillé en pointe dont Cyril se sert pour dessiner, à l’encre de chine ou de couleurs, sur les papiers anciens qui sont donc ses supports de prédilection. Il a également jeté son dévolu sur les partitions musicales depuis qu’il en a récupéré une pile énorme auprès de connaissances qui se sont longtemps occupées d’archiver la musique du 19ème siècle au sein d’une fondation spécialement dédiée à ce travail. Les ballades et fugues musicales du dessinateur nous conduisent, sur ce très beau support écru, dans des contrées moins exotiques que les cartes de géographie – assez souvent (mais pas que !) au café du coin. “Je suis à la fois amoureux de Paris et très attaché à la beauté qui est une dimension aujourd’hui moins valorisée dans l’art conceptuel contemporain, nous précise l’artiste. J’aime, dans mes dessins de cafés, de danseuses ou bien encore de chevaux, exprimer le mouvement – et les notes qui figurent sur les partitions contribuent aussi à impulser du mouvement à mes toiles.” Pour autant, une partie plus confidentielle de son oeuvre est également constituée d’abstractions sur papier qui explorent “la magie de l’encre” et exploitent l’ensemble des possibilités offertes par les encres de chine et de couleurs fusionnant entre elles (cliquer ici). Le peintre expose tous les dimanches au Marché de la Création Edgar Quinet et également en galerie avec Art Génération au n° 67 de la rue de la Verrerie dans le 4ème arrondissement de Paris. Il partage avec tous ses talents de peintre et de dessinateur à l’occasion de cours pour adultes dispensés au Pré-Saint-Gervais en Seine-Saint-Denis où il a sa résidence, et de stages organisés l’été à Plougasnou, la ville de Bretagne dont il est originaire. Alors, prêts pour le début du voyage ? “Pour l’enfant, amoureux de cartes et d’estampes, / L’univers est égal à son vaste appétit.” (Charles Baudelaire, Le Voyage in Les Fleurs du mal, 1857).

Cliquez ici pour accéder au site internet de l’artiste et ici pour sa page Instagram.

Choeur (photo Cyril Réguerre)
Café Odessa (photo Cyril Réguerre)

Vincent Marshall, interview dans les règles de l’art

Le challenge aujourd’hui pour un journaliste ou pour un modeste blogueur de Quartier, c’est d’essayer de faire mieux – à défaut de faire plus vite – que ChatGPT ! Pour tenter de relever le défi, nous nous sommes munis de notre petit magnétophone numérique de poche et sommes allés à la rencontre de Vincent Marshall, alias Artiste75 Paris, qui expose à la Galerie du Montparnasse jusqu’au 10 avril prochain. Interview dans les règles de l’art.

Art has no boundaries (l’art n’a pas de frontières)

C’est sans doute parce que l’art n’a pas de règles comme le proclame le Quatorzien Vincent Marshall sur l’affiche de son exposition que l’on peut librement et impunément en transgresser les frontières à partir du moment où l’on a du talent (oui, c’est quand même recommandé !). Il y a aujourd’hui cinq ans que Vincent a décidé de tourner la page de sa carrière bien remplie de musicien et de producteur musical pour se consacrer à la peinture. “J’ai commencé à peindre pour m’amuser parce que j’avais un peu de matériel chez moi, se rappelle-t-il. J’ai réalisé un premier petit format que j’ai offert à ma femme Vilayvone, qui est ma muse depuis l’âge de 18 ans et qui n’a jamais voulu se départir de ce présent qui a pour elle une grande valeur sentimentale. Quand mon fils l’a aperçu, il m’a demandé de réaliser pour lui un plus grand format qu’il a montré à ses amis. Le père de l’un d’entre eux, qui est propriétaire de plusieurs galeries d’art à Genève, a eu un coup de coeur pour le tableau et c’est lui qui m’a lancé en tant qu’artiste peintre.” Que ce soit à Genève, à Saint-Ouen ou à Paris, le succès est quasi immédiat et les toiles de Vincent rencontrent facilement et rapidement amateurs et acquéreurs. Comme s’il avait une nouvelle fois réussi à capter l’air du temps dans ses nouvelles réalisations de peintre après l’avoir fait pendant des années sur les instruments de musique de ses studios d’enregistrement. Et comme si ses compositions picturales vibrantes, dynamiques et expressives étaient un efficace antidote à la sourde inquiétude et à la morosité qui gagnent nos contemporains. L’artiste parvient avec succès à livrer à travers le nouveau média de la peinture une énergie positive brute et spontanée qui évoque la musique. “Il y a beaucoup de gens qui me parlent de musique quand ils regardent mes tableaux”, témoigne Vincent. Je les réalise de fait très spontanément dans la mesure où je suis complètement autodidacte. Il n’y a absolument jamais rien de préparé, de construit ou de prémédité. C’est un jet sur le néant de la toile, un peu comme on prendrait une photo. D’ailleurs, je photographie mentalement la toile sur laquelle je travaille pour décider le moment de m’arrêter.” L’artiste ne consacre jamais plus d’une heure à chacune de ses oeuvres après qu’il a commencé à y travailler vers dix heures du matin. Musique, peinture, photo… Art has no boundaries.

Le message, by Vincent Marshall, Paris.

Entre art urbain et néo-expressionnisme

Faut-il être élu des dieux ou inspirée par sa muse pour aussi bien parvenir à transmettre sur une toile, de façon totalement autodidacte, toute la joie, la vitalité et l’énergie positive qui habitent notre artiste – de la même manière qu’il a pu le faire jadis en grattant les cordes d’une guitare, en tapant sur les touches d’un piano ou en frappant sur les tambours et les cymbales d’une batterie ? Vincent Marshall, qui ne le sait sans doute pas lui-même, se contente de constater que ses toiles plaisent beaucoup. “Je me réjouis énormément de ce succès car je me sens en réalité bien plus exposé en tant que peintre que je ne l’étais en tant que musicien-technicien dans mes studios d’enregistrement”, nous confie-t-il. Le créateur a, semble-t-il, trouvé sa (nouvelle) voie pour exprimer tout son potentiel artistique et ne regrette pas du tout son choix d’avoir arrêté sa trop dévorante vie de producteur musical. Si ses premières tentatives picturales touchaient plutôt à l’art abstrait contemporain, son style est aujourd’hui plus proche de l’art urbain et du néo-expressionisme. C’est en tout cas ce que nous assure ChatGPT qui sait sans doute de quoi il parle – contrairement à nous qui ne sommes pas critique d’art… Vincent, qui lui a soumis une de ses toiles, n’a rien à ajouter aux verdicts de notre ami robot dopé à l’intelligence artificielle. Il les a d’ailleurs fièrement affichés sur les murs de la Galerie du 55 de la rue du Montparnasse. Evidemment, ChatGPT écrit quand même moins bien que nous et ne pratique pour l’instant pas encore beaucoup l’humour… Mais sait-on vraiment ce que nous réserve l’avenir ? En attendant, écoutons le nous parler d’Artist75 Paris : “Ses oeuvres se caractérisent par des compositions dynamiques et une utilisation audacieuses des couleurs […]. Sa technique est l’utilisation des traits gestuels, d’éclaboussures et de superpositions. Une texture riche et une profondeur visuelle”. Nous ne saurions mieux dire… Il est pourtant sans doute préférable d’aller le vérifier sur place pendant encore cinq jours dans la grande galerie aimablement mise à disposition de l’artiste par la Mairie du 14ème arrondissement. Vincent tient d’ailleurs à chaleureusement remercier la municipalité pour son concours. “Quand je pense à tous les grands peintres qui ont pu exposer dans ce même lieu…”. nous souffle-t-il avec gratitude et modestie. En attendant peut-être les robots qui auront un jour définitivement pris la place de l’homme ?

Vous pouvez également vous dirigez vers le site Instagram de Vincent Marshall (cliquez ici) pour un premier aperçu de son oeuvre.

L’artiste contemplant son oeuvre

Nadette Barbosa Perrin, entre collages et amoureux de papier

Il y a des années déjà que nous avons repéré sa flamboyante chevelure rousse à la terrasse du Moulin à Café. Nadette Barbosa Perrin exposait le mois dernier au café associatif ses créations d’artiste collagiste dans le cadre d’un Marché des Créatrices qui y était organisé. L’exposition d’une partie de ses oeuvres s’est depuis mue au P’tit Café au 68 de la rue des Plantes sur le site de l’hôpital Notre-Dame de Bon Secours. Nous sommes allés y jeter un oeil avant de rencontrer Nadette au Losserand Café pour tenter de percer le mystère de sa récente et très prolifique créativité.

L’art comme exutoire à de douloureuses absences

Rien ne prédisposait Nadette Barbosa Perrin à la création artistique. Cette Vosgienne d’Epinal qui est complétement autodidacte s’est découverte artiste en 2018 au chevet de sa mère malade qui vivait les derniers mois de son existence. “J’ai commencé à créer des patchworks en tissu, des coeurs brodés principalement ; ce n’était pas encore des collages”, se rappelle-t-elle. Je tenais absolument à rester auprès de ma mère que j’adorais, et c’est dans ces circonstances un peu funèbres que mon talent artistique a éclos – même si j’ai toujours eu un certain goût pour les travaux manuels.” Un autre “drame” de sa vie, le départ de son fils unique pour l’Australie, va être le second catalyseur de sa créativité : “Je me suis mis à faire des collages il y a de cela aujourd’hui un an à mon retour d’Australie où j’étais allé lui rendre visite. Quand je suis rentré à Paris, j’avais vraiment le moral dans les chaussettes et ces créations ont contribué à me remettre d’aplomb”. Nadette n’a aucun doute sur le fait que l’art soit une thérapie pour les bobos de l’âme : “Je pense qu’il y a très souvent, pour ne pas dire toujours, une souffrance à l’origine de la création artistique. C’est d’ailleurs très souvent ce qui en fait la beauté”.

Une inspiration qui traverse les époques et les continents

Pour exprimer sa créativité dans ses collages, Nadette s’inspire de son enfance et des nombreux voyages qu’elle a réalisés autour du monde notamment à Tahiti où elle a résidé trois ans et au Japon où elle s’est rendu une dizaine de fois, mais aussi de ses rêves ou bien d’expositions et de films de cinéma. Son oeuvre qui est empreinte d’une grande nostalgie d’une époque révolue peut aussi bien faire référence à l’Antiquité, au Moyen-Age et à la Belle Epoque qu’aux plus récentes années 50 ou 60 qui sont celles de son enfance. Le climat général est doux et apaisé. “L’art floral et le relief sont toujours présents, précise Nadette dans sa mini-présentation affichée au P’tit Café. J’aime mêler à mes collages différentes matières, principalement le papier, le textile ou même les végétaux, dans une harmonie de formes et de couleurs. Dans chacun de mes tableaux, construits comme des histoires, tout visiteur est invité à en imaginer la trame, au gré de son humeur et de sa sensibilité”. Rien ne vaut bien sûr un détour sur son site (cliquer ici) pour se faire une idée définitive de la question. Pour se détendre un peu de la réalisation de ses collages qui lui demandent beaucoup de concentration car ils nécessitent énormément de petits découpages, Nadette confectionne des “Amoureux de papier” qui sont, avec ses “roses éternelles” également réalisées en papier, les cadeaux idoines pour célébrer la Saint-Valentin ou faire un petit présent à l’élu(e) de son coeur. “J’ai beaucoup aimé réaliser ces petits personnages réalisés à partir de fil de fer recouvert de papier kraft car c’est une activité beaucoup moins prenante qu’un collage”, nous confie la créatrice. Le succès est au rendez-vous puisque trois oeuvres ont déjà trouvé preneurs. Puissent-elles porter chance à leurs acquéreurs !

Couples d’amoureux de papier

Pour accéder au site de collages de Nadette Barbosa Perrin, cliquez ici.

Bouquet de roses éternelles

Ibrahima Kone, sans Tabou à Paris 14ème

Ibrahima au boulot

Ibrahima Kone aura 70 ans au début février 2025. Il ne les fait vraiment pas et c’est une nouvelle preuve que la musique est sans doute le plus court chemin qui conduit à la jeunesse éternelle. Le batteur percussionniste ne tape pas que sur des bambous, mais il ne joue certainement pas les requins. Vous l’avez forcément croisé à l’occasion des nombreux concerts qu’il a donnés avec son complice Pierre-Yves Lamy dans le Quartier Pernety, notamment à L’Osmoz Café, au Laurier, à L’Imprévu, à L’Ephémère ou ailleurs autour de l’avenue du Maine. Il a bien voulu retracer pour nous son riche parcours de musicien qui l’a mené de Dakar à Paris.

Du Sénégal à Paris 14ème

Dans l’édition du 16 novembre 1990 du journal sénégalais Le Soleil, un article consacré au chanteur Souleymane Faye nous révèle l’existence d’Ibrahima Kone, dit Rocky (!), “maître-batteur” au sein du populaire groupe de variétés africaines Le Tabou. Aussi loin que remontent les souvenirs du percussionniste autodidacte, c’est la première mention dans la presse de sa carrière de musicien professionnel qui l’a déjà amené à participer à quelques émissions de télévision et à de très nombreuses animations musicales dans les mariages et les kermesses organisés autour de sa ville natale de Rufisque près de Dakar ou bien encore dans les hôtels ou le Club Med de la région de Casamance. Deux ans plus tard, il accompagne l’Ensemble instrumental à vent de Paris lors de sa tournée au Sénégal avant de rejoindre la France où il anime de nombreux concerts dans les clubs parisiens. Il devient professeur de percussions au centre d’animation Pierre Curial dans le 19ème arrondissement tout en s’investissant dans l’association Fleur de Peau comme accompagnateur de danse africaine. Il croise également sur sa route musicale quelques artistes de premier plan dont Clémentine Celarié dont il créera les percussions sur l’album Pas l’âme d’une dame. En septembre 1996, il participe à l’émission Taratata animée par Nagui pour accompagner aux percussions le groupe Chase’n Laszlo dans l’interprétation de la chanson Made About Scars (cliquer ici). Il vogue d’enregistrements pour la chaîne musicale MCM en concerts avec Amidou Touré (ex Touré Kunda) pour finir par se stabiliser en 1996 comme musicien percussionniste à DisneyLand Paris. En 1998, il crée à l’instinct les percussions du film Les Randonneurs de Philippe Harel tout en continuant à donner des concerts. Ibrahima se souvient tout particulièrement de celui qui l’a vu accompagner aux percussions Ticky Olgado en 2003 place du Capitole à Toulouse car Claude Nougaro en fut l’invité surprise. Il a depuis continué à s’investir en tant qu’accompagnateur de danse africaine dans l’association Danses du Monde à Malakoff en plus d’animer des spectacles en école primaire à Chatenay Malabry. Rien ne fait vraiment peur à notre musicien percussionniste qui a suffisamment roulé sa bosse pour pouvoir s’adapter à tous les styles de musique comme la rumba ou la salsa en passant par la variété pop ou rock – même s’il est également resté fidèle à ses racines africaines qui l’amènent à souvent interpréter de la musique sénégalaise, congolaise ou bien encore camerounaise à l’occasion de concerts réalisés dans les cafés du 14ème avec son ami musicien Jack qui a lui aussi longtemps été un pilier de la Jam Session de L’Imprévu. Mais pour rien au monde il ne manquerait sa répétition hebdomadaire à l’université Montsouris avec Pierre-Yves Lamy qui est le premier musicien qu’il a rencontré en France et à qui il tient à rester fidèle pour former un duo qui continuera sans nul doute à très longtemps rythmer la vie trépidante des Quatorziens.

Le duo Kone-Lamy
“Rocky” Kone, avec Tabou au Sénégal.