
Voilà un candidat dont on ne pourra pas dire qu’il ne met pas ses idées en pratique. Tout député du 14ème arrondissement qu’il soit, Rodrigo Arenas a bien voulu accorder à notre petit média plus d’une demi-heure d’interview pour défendre sa candidature à la Mairie du 14ème. C’est tout à son honneur et c’est animé du même état d’esprit que nous allons nous appliquer à exposer au plus grand nombre ses idées sur les thèmes de campagne qui lui sont chers. Ils sont des déclinaisons du programme de la France Insoumise pour Paris signé Sophia Chikirou dont le député de la 10ème circonscription de Paris nous a très aimablement offert un exemplaire. Même si nous n’avons pas eu le temps matériel de lire le livre dans son intégralité (172 pages aux Editions Massot), la lecture de sa seule introduction (cliquez ici) écrite dans un style clair et alerte a suffi à nous convaincre de la très grande qualité de l’ouvrage.
Note de la rédaction : celles et ceux qui ne souhaitent pas avoir à lire un article de plus de 1.800 mots peuvent d’ores et déjà cliquer ici pour le lien vers le site “Rodrigo pour Paris 14”.
La focale du “Paris à hauteur d’enfant”
La vision que Rodrigo Arenas compte porter pour le 14ème et à partir de laquelle il entend décliner tous ses idées pour l’arrondissement est inspiré du petit livret intitulé Pour un Paris à hauteur d’enfant qu’il a écrit et diffusé gratuitement il y a un an pour faire la synthèse de ses travaux et engagements de député. “Bien plus qu’un slogan, le titre que j’ai choisi reflète une manière particulière de voir et de comprendre, nous précise l’élu de la République. Mon objectif est d’inverser la grammaire du rapport des institutions – et des mairies en l’occurrence – à la population. Je suis en effet profondément convaincu qu’il faut penser l’action publique en se mettant à la place des personnes les plus vulnérables pour en tirer des enseignements pour tous et décliner des politiques publiques qui concernent aussi bien les personnes vulnérables que celles qui le sont moins.” C’est ce regard particulier, qu’il a pu aiguiser dans ses fonctions passées de co-président de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), qui guide aujourd’hui son projet pour les Quatorziens.
Commerces
Même si ce n’est pas le premier thème que nous avons abordé avec lui, Rogrido Arenas nous donne un aperçu de sa méthode sur le sujet des commerces de proximité qui intéresse tant les Quatorziens. “Je pense que la stratégie commerciale adoptée par la Mairie de Paris, et la Mairie du Quatorzième en particulier, n’est pas saine en ce sens qu’elle consiste à faire venir des grands groupes et des grandes enseignes au détriment des petits commerces qui sont pourtant ceux qui créent la vraie dynamique commerciale des quartiers parce qu’ils expriment les besoins réels des habitants, avance-t-il. Or je veux partir de ces besoins réels plutôt qu’en créer de nouveaux. Les grandes enseignes ne viendront jamais que dans un second temps pour se greffer sur la communauté de commerçants créée grâce à la dynamique commerciale initiale. Je projette de travailler en lien étroit avec les associations de commerçants pour animer cette communauté et lui faire bénéficier de façon égalitaire et équitable de toutes les aides de l’Etat et de la commune auxquelles les petits commerçants pourront prétendre. Et j’ai bien l’intention de créer une sorte de label attestant de la volonté de la ville de s’engager à investir dans un quartier pour faciliter l’octroi de financements aux commerçants par les banques. Je suis de surcroît convaincu que l’attention particulière que je porterai à la rue Didot, à la rue Losserand et à la rue des Plantes créera des dynamiques commerciales qui, tout comme celle qui existe rue Daguerre, seront susceptibles de se propager pour redynamiser d’anciennes artères commerçantes du 14ème comme l’avenue du Général Leclerc ou la rue d’Alésia.”
Culture
Même logique s’agissant du sujet de la culture qui intéresse tant la rédaction de Pernety 14. “Je veux parier sur les artistes parce que c’est l’histoire de cet arrondissement, nous dit Rodrigo Arenas. Brassens, Picasso, Giacometti, Prévert, etc… Il y a eu dans le 14ème tant d’artistes emblématiques de la “culture populaire” qui n’est pas la culture des pauvres mais la culture que tout le monde s’approprie. Il nous faudra, avec les différents “petits” acteurs de la vie culturelle, recréer une dynamique artistique qui a été brisée par la destruction d’ateliers d’artistes remplacés par des immeubles en béton notamment place de la Catalogne et derrière Montparnasse. Aujourd’hui, la ville de Paris fait tout le contraire avec ce que j’appelle la “culture Galerie Lafayette” : des “grands” mettent en place des politiques grand format qui rentrent les petites activités dans leur rapport d’activités, ce qui leur permet de faire croître leur chiffre d’affaires en soumettant les “petits” aux “grands”. C’est cette logique là que nous voulons briser.”

Ecole
Même raisonnement encore s’agissant de l’école. “Tout est lié à l’école”, commence par nous dire l’ancien co-président de la FCPE, ce qui revient à prêcher un convaincu. Pourtant, dans notre système actuel, l’école est seulement organisée pour ceux qui vont bien. Il est bien sûr prévu des dispositifs pour ceux qui vont moins bien, mais un ensemble de dispositifs ne suffit pas à faire un système scolaire – de même qu’il ne suffit pas à faire une politique communale ou une politique nationale. Je serai à cet égard, et à bien d’autres encore dans le domaine de l’éducation, un maire d’arrondissement de combat. Je serai aux côtés des parents d’élèves et de la communauté éducative (enseignants, directeurs d’école et chefs d’établissement) pour faire en sorte qu’il n’y ait pas de fermetures de classe dans le 14ème. Je m’engagerai également pour que les parents choisissent le public plutôt que le privé en menant le combat contre les absences non remplacées et pour faire en sorte que l’école privée, qui est financée par l’argent public, soit soumise aux mêmes règles que l’école publique s’agissant notamment de la carte scolaire et des contraintes liées à l’accueil des enfants à besoins particuliers.
Sécurité
L’insuccès du système éducatif est malheureusement parfois sanctionné par une plongée des enfants et des adolescents dans la déviance ou dans la délinquance que les services de police doivent pouvoir venir réprimer quand les éducateurs ont échoué à les endiguer. De façon globale, Rodrigo Arenas combat la philosophie de la politique d’intervention mise en place par le président Sarkozy et se déclare bien plus favorable à une politique de prévention destinée à éviter les difficultés. Pour lutter contre le trafic de drogues et la délinquance en général, c’est, à ses yeux, la police nationale qui doit être en première ligne. Mais une police municipale est néanmoins au quotidien nécessaire pour créer du lien entre les gens et pacifier l’espace public. Pour ce faire, il n’est pas question qu’elle soit armée car cela représenterait de trop grands dangers pour elle et pour les citoyens du 14ème arrondissement vu le temps très limité de formation et d’entrainement qui lui serait en pratique alloué. “Quand on arme une police municipale, en face aussi on s’arme ; et je ne veux certainement pas m’engager dans la course à l’échalotte de celui qui sera le mieux armé”, insiste le député Insoumis fort de son expérience dans le département de Seine-Saint-Denis où la lutte contre le trafic de stupéfiants a été sérieusement prise en mains. Son plan Police/Prévention pour le 14ème se décline en trois axes : des polices spécialisées, adaptées aux besoins du terrain ; une police touristique, là où c’est nécessaire ; et enfin, une police de proximité renforcée à Porte de Vanves et à Porte d’Orléans.

Logement
Tout autant que celle de la sécurité, la question du logement est bien sûr centrale pour les Quatorziens. “Aujourd’hui, les gens quittent Paris parce que les loyers sont devenus trop chers, constate Rodrigo Arenas. En tant que député, j’avais interpelé l’ensemble des élus qui siègent dans les conseils d’administration des bailleurs sociaux pour ne pas appliquer la hausse les loyers proposée par l’Etat, autrement dit pour bloquer les loyers à une époque (2024) où nombre de Français connaissaient de grandes difficultés financières. On m’avait répondu que ce n’était pas possible. C’est pourtant devenu aujourd’hui, à la faveur de ce scrutin municipal, le programme électoral d’Emmanuel Grégoire… Même chose pour l’encadrement des loyers privés qu’il nous est tout aussi loisible de prévoir et d’organiser. C’est évidemment très important pour toutes les familles en précarité pour lesquelles le loyer peut représenter 50% des revenus. S’agissant tout particulièrement du parc privé, nous avons un vrai problème d’offre de logements à Paris. Nous allons commencer par mettre en place un moratoire sur les grands projets inutiles dans la mesure où il y a plus d’un million de mètres carrés de bureaux vides dans la capitale qu’il est tout à fait possible de reconvertir en logements si l’on prévoit les incitations nécessaires ou même si l’on procède de façon plus coercitive. Aux moratoires sur les projets de bureaux et aux aides à la reconversion, il faut ajouter la création d’une régie publique de gestion locative pour encourager les propriétaires privés à confier la mise en location de leurs biens à loyers modérés, en contrepartie d’une gestion administrative, de la rénovation énergétique et d’une garantie des loyers. Nous procéderons en parallèle au déclassement de certains logements sociaux pour augmenter l’offre des logements sociaux et très sociaux.
Démocratie locale
Rodrigo Arenas souhaite donc permettre aux Quatorziens de rester vivre à Paris notamment pour leur permettre de faire vivre la démocratie à Paris. D’abord au travers des conseils de quartier qui seront véritablement revivifiés avec d’avantage de moyens pour travailler et une authentique marge de manoeuvre par rapport au pouvoir municipal. “La démocratie, c’est aussi la confrontation et il faut l’accepter”, nous déclare Rodrigo Arenas qui s’engage à assurer le fonctionnement véritablement démocratique de ces instances citoyennes. Le candidat Insoumis à la Mairie du 14ème entend également briser le mur d’indifférence qui très souvent éloigne les uns des autres les différents acteurs des quartiers (associations de commerçants ou autres associations de quartier) : “Chacun doit pouvoir aujourd’hui travailler ensemble avec sa prérogative propre, l’objectif étant de respecter les différences sans indifférence”, nous assure-t-il. S’il est élu maire, il créera des Maisons de Quartier destinées à être des endroits dans lesquels tout le monde travaillera ensemble à des projets en commun afin d’améliorer la vie des quartiers, et cela sans aucune préférence pour l’un ou l’autre d’entre ces quartiers selon les accointances ou intérêts propres de l’édile en place (même si des efforts devront continuer à être réalisés pour réduire la fracture sociale et culturelle entre le nord et le sud de l’arrondissement).
Le projet Utopias
Cerise sur le (gros) gâteau Insoumis pour le 14ème : le projet Utopias qui est un projet centré principalement (mais pas exclusivement) sur la jeunesse et destiné à partager le sport, la culture, l’accès au droit et l’attention portée aux femmes. Il permettra à chacun d’élaborer son propre projet personnel en toute sécurité jusqu’à tard dans la nuit. Ce sera l’endroit privilégié vers lequel les médiateurs pourront orienter les jeunes plutôt que de les laisser tenir le mur dans leur quartier – en soulageant par la même occasion leurs parents trop heureux de voir leurs enfants évoluer à l’intérieur d’un lieu de centralité où interviendra la puissance publique en la personne d’un éducateur qualifié.
