
Qui ne connait pas Jacopo Leone, alias IABI, ne connait pas le Quartier Pernety ! Plusieurs reportages lui ont déjà été consacrés qui n’en finissent pas de faire le tour de cet authentique artiste total : peintre “anarchiviste” pour les uns (cliquez ici), “collectionneur de mémoire” pour les autres (cliquez ici) ; éternel glaneur et chineur d’objets, brocanteur quand ça lui chante et permanent “architecte du désordre” de son atelier de la rue du Château ; poète enfin et aussi écrivain à ses heures perdues – ou gagnées. Plutôt que lui refaire une nouvelle fois le portrait, devisons aujourd’hui avec lui des choses vraiment importantes de la vie : la liberté et le parfum des fleurs.
La liberté et son chaos associé…
“Je suis un peu claustrophobe de ma vie”, affirme Jacopo qui a été architecte en Sicile avant de s’installer à Paris. Cet homme “au 150 vies” a fait le choix de renoncer au confort pour rester libre. “J’espère ne jamais devenir riche pour ne pas devenir plus fragile”, avance-t-il hardiment – quand d’autres, qui n’ont rien compris à la vie ni sans doute rien à rien, prétendent au contraire que l’argent c’est la liberté. “J’adore le chaos” soutient également celui qui vit avec grand plaisir dans l’univers en apparence un peu “bordélique” de son atelier Aussi Paris du 119 de la rue du Château. Il en sort chaque jour quelques objets destinés à la vente pour financer son projet d’homme libre. “Les objets sont de petites étoiles dans le grand ciel de la mémoire”, croit-il savoir. Il les mélange à sa guise dans son atelier-foutoir selon son intuition et son instinct pour en faire des structures – complètement déstructurées – et les vend dehors sur le trottoir qui est “sa vraie boutique”.

… pour mieux respirer le parfum des fleurs.
Jacopo est aussi fleuriste à l’occasion puisqu’il vend celles qu’il peint à jet continu au premier étage de son atelier ou même à l’extérieur lorsque le temps le permet. “Ce projet de fleurs bleues est le projet clef d’un certain moment de ma vie”, confie-t-il. J’ai spontanément choisi les fleurs comme thématique sans vraiment en avoir le choix. Cela fait six ans que je travaille sur le même sujet tous les jours mais de manière totalement différente et jamais pareil.” Plus de 1000 toiles s’entassent au 119 de la rue du château. “Parmi ces 1000 toiles, il y en a 100 qui sont de qualité et 10 que j’adore”, dit-il. Par ces “abstractions figuratives” destinées “à rendre vrai l’imaginaire et imaginaire le vrai”, il cherche “à rendre visuel le parfum des fleurs”. Pour cela, il travaille selon les fulgurances de l’instant et de l’instinct : “Je réalise toutes mes toiles à grande vitesse. Il ne faut ni réfléchir ni chercher à faire des choses jolies, mais juste laisser parler son inspiration pour laisser une trace du Beau”. Une parole d’artiste assurément !
