Un programme pour relancer le 14ème arrondissement

“Le 14ème a longtemps été un arrondissement où il faisait bon vivre. Il est aujourd’hui éteint. Il faut que notre arrondissement revive. Levons-nous pour redonner son éclat naturel à notre 14ème arrondissement.” C’est par ces mots justes et vrais de Sylvie Lekin, ancienne adjointe à la Mairie du 14ème, que se clôt le programme de Maud Gatel intitulé “Un nouveau souffle pour le 14ème” (cliquez ici). “Il est temps d’ouvrir un nouveau chapitre pour notre arrondissement”, renchérit la candidate à la Mairie qui a déjà été députée des 14ème et 6ème arrondissements jusqu’en 2024. Pour atteindre ce but, nul besoin de faire de la littérature : les 7 sections très concrètement étayées du solide programme de 12 pages de l’équipe MoDem-UDI-PR-LR soutenue par Rachida Dati (toujours résolument décidée à Changer Paris – en mieux !) suffisent amplement.

La vie en mieux

Améliorer la vie de toutes les familles du 14ème arrondissement, c’est d’abord leur permettre de se loger correctement en offrant à celles et ceux qui “prennent soin de Paris” la possibilité d’accéder à un parc social bien entretenu de même qu’en remettant des biens locatifs sur le marché tout en veillant à faire respecter la règlementation sur les meublés touristiques. C’est également élargir l’accès aux jardins publics. L’optimisation du cadre de vie des Quatorziens est une question cruciale qui va permettre aux enfants de bien grandir grâce aux investissements réalisés dans la qualité du périscolaire et aux efforts résolus pour assurer leur parfaite sécurité aussi bien à l’école qu’en dehors de l’école. D’où l’urgente nécessité de restaurer un espace public sécurisé, propre et partagé par tous. Pour assurer la sécurité de tous les Quatorziens, il est prévu qu’une brigade de police municipale soit installée dans chaque quartier pour veiller sur eux “du quai du métro à la cage d’escalier” grâce notamment au dispositif de vidéoprotection qui sera augmenté. Pour assurer la propreté de l’arrondissement, il est prévu de mettre en place un pilotage de proximité qui permettra d’intervenir en 24 heures pour toute dégradation du patrimoine, de coordonner l’action des différents services avec les acteurs du quartier et de verbaliser systématiquement les incivilités, en créant des référents de quartier pour mieux combattre les zones insalubres récurrentes (gare Montparnasse, marchés Brune et Puces). S’agissant enfin du partage solidaire de l’espace public, il est prévu de recréer des lieux de vie et de rencontre dans chaque quartier tout en veillant à ce qu’aucun enfant ne reste à la rue dans le 14ème. Tout cela contribuera à sensiblement faire progresser la qualité de vie des Quatorziens qui sera également boostée par le déploiement d’une “écologie des résultats” axée sur une végétalisation accrue des rues et sur la création de nouvelles coulées vertes (de Pernety à Alésia, sur l’avenue du Général Leclerc et la Petite Ceinture). Ceux qui se seraient assoupis à la lecture de cette première partie d’article peuvent se rassurer : Maud Gatel entend vigoureusement préserver le sommeil du juste en défendant un “droit à la tranquillité” en application duquel seront installés des revêtement anti-bruit sur les artères les plus fréquentées et également verbalisées les nuisances sonores volontaires.

Toute l’équipe réunie autour de Maud Gatel

La vie en plus vivant

Mais ce n’est en réalité qu’une feinte. Car l’objectif assumé de la prétendante à la Mairie du 14ème soutenue par Rachida Dati est bien plutôt de réveiller notre arrondissement ! Sur les pages centrales de son programme ne figurent en effet pas moins de 25 “projets pour nos quartiers” dont nous vous épargnerons la liste exhaustive. Maud Gatel entend bien accompagner le dynamisme économique, touristique et entrepreneurial des Quatorziens en associant les représentants des commerçants au déploiement des politiques publiques ayant un impact direct sur leurs activités, en simplifiant les procédures et en encourageant la création ou la redynamisation d’associations de commerçants qui contribuent à la vie de quartier du 14ème. Un plan de logistique urbaine respectueux des riverains sera construit qui prévoira notamment l’augmentation du nombre de places de livraison. L’arrondissement sera également doté d’un véritable plan de circulation destiné à organiser l’ensemble des flux notamment pour réaménager et apaiser l’avenue Jean Moulin. Ce nouveau plan de circulation s’inscrira dans un projet global visant à redonner au 14ème sa vocation de “ville pour tous” : en portant une attention particulière aux modes de déplacements universels (marche et bus) tout en continuant à améliorer la qualité du réseau cyclable ; en développant une démarche sincère de mise en accessibilité progressive pour toutes les personnes en situation de handicap ; et en continuant à offrir des soins de proximité pour tous les Quatorziens qui en ont besoin.

Un programme à faire r(o)ugir le Lion de Belfort !

Renouer avec l’âme du 14ème

Qu’est ce que profondément le 14ème sinon un arrondissement qui mêle esprit créatif et vitalité associative et citoyenne ? Maud Gatel entend faire retrouver aux Quatorziens l’effervescence culturelle de leur arrondissement en mettant la culture à la portée de tous (y compris des plus jeunes) aussi bien dans les bibliothèques que dans le cadre d’activités théâtrales qui valorisent la richesse culturelle du 14ème. “Préserver notre patrimoine, c’est faire vivre l’âme du 14ème !”, clame-t-elle également dans son programme. Elue maire de l’arrondissement, elle s’assurera que le projet de La Rochefoucauld respecte son héritage patrimonial, végétal et sanitaire en empêchant les nouvelles constructions et l’artificialisation des sols de même qu’en ouvrant le jardin à tous. Elle valorisera également la Résistance et la Libération de Paris en créant un parcours mémoriel de la Porte d’Orléans au musée de la libération Leclerc-Moulin. Elle veillera par ailleurs à partager l’histoire de notre arrondissement en images et à faire de lui la vitrine de la photographie qu’elle a identifiée comme la véritable identité culturelle du 14ème d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Toute gonflée de son courage de nouvelle maire, elle s’attellera à redonner confiance dans la vie démocratique, associative et citoyenne de l’arrondissement. – D’abord en améliorant la gouvernance municipale : des comptes seront rendus aux habitants au moins une fois par an, un plan d’investissement sera mis en oeuvre sur la mandature pour organiser et anticiper les grands projets, un “tableau de bord de l’action municipale” sera publié de même qu’un rapport annuel sur les finances de l’arrondissement diffusé. – Ensuite en renforçant la participation citoyenne notamment par la restauration d’un dialogue constructif (et, on l’espère, parfaitement démocratique !) entre les élus et les Conseils de Quartier. – Enfin en accompagnant la très grande vitalité associative qui contribue énormément au charme particulier du 14ème. Toute l’équipe réunie autour de Maud Gatel est profondément convaincue que l’ensemble de ces efforts permettra de “redresser la barre” pour permettre aux Quatorziens de retrouver l’arrondissement qu’ils aiment tant !

Un programme pour “tisser le 14ème qui nous rassemble”

Carine Petit pour le 14ème avec Emmanuel Grégoire pour Paris

La politique est – heureusement ou malheureusement ? – un métier. Très précisément, un métier à tisser (des relations, du lien social, etc.) – qui est difficile et souvent ingrat. La plupart des « professionnels de la profession » finissent pourtant par y prendre goût au point de vouloir solliciter les électeurs pour plusieurs mandats consécutifs. C’est très précisément la troisième fois que Madame Carine Petit se présente aux suffrages des Quatorziens pour briguer le poste de maire de l’arrondissement. Elle est donc déjà comptable d’un bilan de douze années de gestion municipale qu’elle entend enrichir des projets et propositions contenus dans son programme intitulé « Tissons le 14ème qui nous rassemble » (cliquez ici) qui se propose de promouvoir un « 14ème vivant, populaire et fier ».

Un 14ème « vivant »

Gare à ceux qui oseraient prétendre que le 14ème est aujourd’hui un arrondissement en perte de vitesse, passablement négligé par la Mairie Centrale, et pour tout dire un peu mortel ! Qu’on se le dise :  il est au contraire un arrondissement « vivant » dont la municipalité qui en assure la gestion a pleinement conscience de ce qu’a pu représenter Montparnasse quand, il y a un siècle, Paris éclairait le monde de sa vitalité artistique et intellectuelle. Tout est bien sûr question de définition, mais le 14ème arrondissement est bien « vivant » aux yeux de Madame la Maire au travers de nos « quartiers durables, accueillants, et sûrs », qui « créent du lien » et où « chaque voix compte ». Pour rendre nos quartiers encore plus « durables, accueillants, et sûrs », Carine Petit s’engage à « apaiser et rendre accessibles les espaces publics » notamment en transformant et en aménageant la Porte d’Orléans et la Porte de Vanves sans oublier d’instaurer un nouveau plan de circulation apaisé aux abords du parc Montsouris. Pour atteindre son objectif d’« urbanisme durable », elle entend transformer les bureaux vacants en logements, se mobiliser contre les projets de centres commerciaux et d’immeubles de bureaux qui déstabilisent l’équilibre urbain, rénover le bâti existant et enfin très bravement lutter contre la spéculation immobilière. Si elle est réélue, elle apportera également plus de nature en ville un peu partout dans l’arrondissement, et nos gentils toutous pourront enfin se dégourdir les pattes dans deux nouveaux parcs canins. De surcroît, la propreté sera renforcée par l’augmentation des moyens budgétaires dédiés au service public de la propreté, par la mobilisation de référents de quartier « propreté », et même par la création de brigades anti-incivilités au sein de la police municipale afin de lutter contre les infractions en matière de propreté et de nuisances environnementales (!). On respire également de pouvoir lire qu’il sera procédé à la réorganisation des collectes de textiles. Mais le point d’orgue de l’action de la municipalité en place pour rendre l’arrondissement plus vivant et assurer la bonne animation de nos quartiers va sans doute consister dans ses efforts dirigés vers nos amis artisans et commerçants qui se sentent souvent délaissés par elle. Afin de lutter contre la vacance commerciale, il n’est pas moins prévu que le lancement d’un « Conseil du commerce local » et d’un « Forum de l’immobilier commercial et des rez-de-chaussée vivants » pour impliquer les propriétaires à la recherche de solutions, de même qu’une probablement très méritoire mobilisation pour obtenir de l’Etat l’encadrement des loyers commerciaux. On aurait bien sûr tort d’oublier la culture et l’économie sociale et solidaire, cette dernière restant sans aucun doute le petit chouchou de Madame la Maire : plusieurs programmes 100% 14 y seront spécialement dédiés. Enfin, cerise sur le gâteau de la vitalité entretenue du 14ème arrondissement, la municipalité reconduite fera perdurer une démocratie locale transparente et régulière pour informer les citoyens, mieux associer la population des Quatorziens à ses décisions et mieux rendre compte de l’action publique.

Un 14ème « populaire »

Aussi débordant de vie que puisse continuer à demeurer notre arrondissement, il n’en restera pas moins « populaire ». Populaire parce qu’il ne cessera pas de procurer à tous un « quotidien digne », de « protéger et d’émanciper » et qu’il sera toujours doté « de services publics qui garantissent le pouvoir de vivre ». Au registre du « quotidien digne », Madame la Maire insiste beaucoup sur la question du logement qu’elle entend hisser au rang de priorité absolue de son prochain mandat. Pas moins de 700 nouveaux logements sociaux seront ainsi créés dès 2027 (avec pour horizon la création de 2000 nouveaux logements d’ici 2035). Carine Petit est, en cette matière, assez intarissable et son programme décline sur presqu’une colonne entière les nombreux avantages et innovations dont pourront bénéficier les Quatorziens éligibles au bénéfice d’un logement social. S’agissant du « 14ème qui protège et émancipe », Madame la Maire et son équipe s’appliqueront à renforcer le bouclier social parisien des Quatorziens notamment en étendant son dispositif de caisse alimentaire commune, en créant une assurance habitation municipale ainsi qu’une mutuelle de santé municipale accessibles à « tous.tes » avec comme constant objectif de faciliter l’accès aux soins. L’équipe municipale continuera par ailleurs de « soutenir et d’accompagner l’enfance, l’éducation et la jeunesse du 14ème ». Le thème de la sécurité et de la tranquillité publique au quotidien est bien sûr un thème sur lequel la municipalité en place est particulièrement attendue. Le programme prévoit à titre principal le doublement des effectifs et le renforcement des moyens de la police municipale dont les locaux seront situés au centre de l’arrondissement et qui pourra bénéficier du recours ciblé (?) à la vidéoprotection. Mais le 14ème arrondissement ne serait pas un arrondissement populaire s’il ne promouvait pas nos très populaires services publics qui font tant pour « garantir le pouvoir de vivre ». Il s’agira à l’avenir de les rapprocher des citoyens par différents dispositifs destinés à en faciliter l’accès.

Les têtes d’affiche de l’équipe se représentant

Un 14ème « fier »

Si les tous les Quatorziens étaient Bretons, ils pourraient assurément dire qu’ils sont “Quatorziens et fiers de l’être”. Par chance (?), ils ne sont pas tous Bretons… – mais ils n’en sont pas moins fiers ! Aux yeux de Madame la Maire, “le 14ème est porteur d’une énergie émancipatrice [consistant en] des combats pour l’égalité et la laïcité [et en] une capacité à accueillir et à faire dialoguer les différences”. L’édile sortante entend faire vivre cette fierté au quotidien : “Nous continuerons d’agir pour que chacun.e se sente respecté.e, protégé.e et reconnu.e., martelle-t-elle. Nous mènerons une action ferme contre les discriminations et pour une vie locale inclusive et bienveillante.” Cela passe par la défense de l’égalité et de l’accès aux droits, par l’organisation par l’ensemble des Quatorziens d’évènements qui les rassemblent, et par la défense de la pratique universelle du sport en faisant au passage vivre l’héritage des Jeux Olympiques de Paris. Belle et louable profession de foi ! Puisse-t-elle seulement s’étendre à tous les Quatorziens qui osent prétendre pouvoir penser en dehors des clous de l’idéologie ou du politiquement correct sans être ostracisés voire même pire ! Car nous sommes au fond à la fois tous différents et tous les mêmes. Commençons donc par vraiment nous respecter les uns les autres pour enfin tisser le 14ème qui nous rassemble et nous ressemble vraiment !

Demandez le programme !

“Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent”, disait Jacques Chirac. A l’occasion d’une campagne électorale, elles sont traditionnellement distribuées aux badauds à la sortie des bouches de métro ou sur les marchés sous la forme de flyers listant les différents engagements des candidats. Ceux qui croient encore en la politique (et ils ont sans doute raison !) peuvent être tentés de creuser un peu l’argumentaire en étudiant en détail les programmes des prétendants à un mandat électif. C’est ce que nous avons fait ces quinze derniers jours pour les six candidats du 14ème arrondissement (parmi neuf au total) les plus susceptibles de participer au deuxième tour des élections municipales parisiennes de mars 2026. Lire un programme est un exercice généralement assez fastidieux surtout lorsqu’il est constitué d’une succession de bullet points (puces) comme dans une présentation Powerpoint. Nous avons par ailleurs bien conscience que “résumer, c’est trahir”. C’est pourquoi nous ne saurions trop insister sur le fait que rien ne vaut une lecture exhaustive des documents produits par les différents candidats (exercice que nous avons bien sûr dûment entrepris) pour accéder au niveau de détail requis. Nous soulignons enfin que notre présentation personnelle des programmes n’a reçu la validation d’aucun des candidats en lice. Nous vous souhaitons de très très bonnes lectures !

La rédaction de Pernety14.fr.

PS1 : Nous n’avons finalement malheureusement pas pu consacrer d’article au programme de Mme Cohen car il nous a été impossible de prendre connaissance en temps et en heure des 141 pages du programme pour Paris de Mme Knafo. Nous nous en excusons platement.

PS2 : Nous faisons également un lien vers le gros travail du collectif COQUA pour réaliser un tableau comparatif des engagements pris par différents candidats à l’élection municipale de Paris 14ème (cliquer ici) et rencontrer l’équipe municipale en place (cliquer ici).

Cliquez ici pour un lien vers les résultats du 1er et du 2ème tours des élections municipales 2026 à Paris 14ème.

Les commerçants de l’avenue du Général Leclerc abandonnés à leur funeste sort

Le projet avorté Castorama de 2022

Le spectaculaire décrochage commercial de l’avenue du Général Leclerc a déjà fait l’objet de plusieurs articles de presse dont un article de Pernety 14 (cliquez ici) consécutif à notre rencontre de l’automne dernier avec Thierry Véron qui préside l’Association des Commerçants et Artisans de l’Avenue du Général Leclerc à Paris 14ème (ACAGL14). Le dynamique responsable associatif a depuis adressé à la Mairie du 14ème un courrier pour l’alerter une nouvelle fois sur la situation catastrophique des commerces de son avenue de prédilection et proposer des solutions simples et faciles à mettre en oeuvre pour tenter d’y remédier. Un courrier malheureusement resté à ce jour sans réponse (*)…

Le symbole du conteneur abandonné

Par un bel après-midi de juillet 2025, les résidents, commerçants et usagers de l’avenue du Général Leclerc ont eu la très désagréable surprise de voir soudainement apparaître au n° 31 de l’avenue un conteneur à l’esthétique très discutable destiné à accueillir un bar snack proposant de la nourriture indienne à emporter. Installé sans concertation aucune, le conteneur, qui ne dispose pas de l’eau courante et qui n’était pas jusqu’à il y a quelques jours alimenté en électricité, trône inexploité depuis plus de six mois à l’endroit même d’où avait été retiré un abri bus qui obstruait la visibilité des véhicules sortant de l’immeuble voisin constitué de 400 box destinés au stationnement. Voilà peu ou prou en quoi consiste le bilan de la Mairie du 14ème arrondissement en matière de commerce dans une artère jadis aussi active que les Champs-Elysées ! Amateurisme ou je-m’en-fichisme, chacun jugera comme il voudra…

Le conteneur abandonné du 31 avenue du Général Leclerc

Une Mairie du 14ème aux abonnés absents

Car, pendant ce temps-là et en attendant que la Mairie du 14ème ne veuille bien répondre au courrier du 12 décembre 2025 que lui a adressé Thierry Véron (cliquez ici), les commerçants languissent de recevoir des clients dans leurs boutiques dont le taux de vacance atteint aujourd’hui 29% (!) (et non pas 10,2% comme annoncé dans la presse par les autorités municipales). “Certains magasins nous font remonter l’information qu’ils passent des journées sans voir un client”, déplore le président d’ACAGL14 dans sa missive. Il ne manque pas de faire remarquer que l’avenue du Général Leclerc constituait avant ses modifications de voirie un pôle commercial attractif notamment pour la clientèle de banlieue. D’où l’urgente nécessité de mieux signaler aux automobilistes le parking de la porte d’Orléans sur lequel Madame la Maire a autorité et de le rendre gratuit pendant une période à définir pour tout achat chez les commerçants du quartier Général Leclerc. Un autre aspect des difficultés rencontrées par les commerçants est le niveau excessivement élevé des baux commerciaux dont ils doivent s’acquitter. Il était prévu qu’une réunion rassemblant autour d’une même table les services de la Mairie, les bailleurs et les associations de commerçants soit organisée au plus vite pour poser les jalons d’un accord possible entre tous, mais rien ne semble là non plus avoir bougé en ce sens… Le taux très élevé de la redevance d’occupation de l’espace public qui oblige certaines brasseries à payer des sommes astronomiques (jusqu’à 40.000 euros !) et qui est également entièrement à la main de la Mairie doit enfin lui aussi être urgemment questionné. Thierry Véron n’a nullement l’intention de désarmer. Il était déjà à la manoeuvre il y a quelques années pour tenter de faire installer Castorama dans les anciens ateliers Peugeot. Il s’active aujourd’hui à recevoir les candidats à la Mairie de Paris à la Fédération des associations des commerçants et des artisans de Paris (FACAP75) pour les sensibiliser aux très grandes difficultés rencontrées par les commerçants et continuer à être force de proposition pour un quartier auquel il restera bien sûr jusqu’au bout fidèle et attaché.

(*) Thierry Véron a finalement reçu de la Mairie du 14ème une réponse à son courrier (datée du 4 mars 2026) qui l’a laissé un peu perplexe et dubitatif (cliquez ici et ici).

Cliquez ici pour accéder au site de l’ACAGL14 et ici pour accéder à sa page Facebook.

Les Meyer moments de Paris 14ème

“L’Enfant aux Oiseaux” de François Meyer

“Tous ces petits moments magiques / De notre existence / Qu’on met dans des sacs plastique / Et puisqu’on balance”, chante Alain Souchon. Comme Daniel Chenot, François Meyer s’attache à immortaliser les fugaces instants poétiques de notre vie quotidienne avec son appareil photo. En popularisant son oeuvre de photographe amateur sur l’un des deux groupes Facebook de Paris 14ème (cliquez ici), il a su, par sa sympathique et attachante personnalité, nouer un lien particulier avec les Quatorziens qui continuent de l’acclamer et de le réclamer. Rencontre au Café Plaisance autour d’un verre.

Un personnage du 14ème

François Meyer est venu très armé à notre rencontre : des cartons entiers de photos, un roman (Affaires étrangères de Jean-Marc Roberts) dont il nous dit qu’il raconte une histoire qui ressemble beaucoup à sa vie, et énormément de choses à raconter… D’emblée, tout en nous proposant de partager avec lui une pizza, il nous offre trois tirages en format 20 x 30 de photos qu’il nous a très gentiment dédicacées. Il nous faudra également beaucoup nous battre pour payer notre propre tournée de 1664… A Pernety 14, on aime les personnages, et François en est assurément un. Il pourrait nous raconter pendant des heures les multiples péripéties de sa vie professionnelle si nous ne devions l’interrompre pour recentrer le débat autour de ses photos dont les trois qui illustrent cet article sont peut-être ses trois “Meyer”.

1. “L’Enfant aux Oiseaux”

“C’est cette photo que j’aime le mieux, nous dit François. J’avais remarqué sur la place Brancusi ce petit garçon habillé “à l’antique” qui était en train de donner du pain aux pigeons. Une fois ma photo prise, je me suis rapproché de lui pour lui parler et il s’est alors écrié en direction des pigeons : “C’est tout pour aujourd’hui ! A demain !””. Une belle tranche de poésie photographique que le conservateur en chef de la BnF chargé des Estampes et de la Photographie va lui conseiller d’intituler L’Enfant aux Oiseaux. “C’est très joli, c’est le titre qui convenait”, approuve François.

“Les deux fillettes de la rue Boulard” de François Meyer

2. “Les deux fillettes de la rue Boulard”

Parmi les autres clichés que François nous propose, nous aimons aussi beaucoup Les deux fillettes de la rue Boulard, une photo prise rue Charles-Divry qui laisse apercevoir la peinture murale dédiée à la célèbre cinéaste Agnès Varda pour plonger sur la rue Boulard où deux très jeunes filles déambulent dans un écrin de couleurs et de jeux d’ombres et lumières qui forment un tout très harmonieux. “Les fillettes se disent leurs secrets, ne sachant pas encore – car elles n’ont pas encore fréquenté les classes de philosophie – qu’un secret n’est plus un secret dès lors qu’on le raconte”, commente le photographe amateur.

3. “Les reflets du sol mouillé un jour de pluie rue Raymond Losserand”

Enfin, un cliché de la rue Raymond Losserand un jour de pluie. La légende de la photo se suffit à elle-même.

Crédit photo François Meyer

Le Noël rêvé de tous ceux qui ont un grand vélo dans la tête

Sylvain, Patrick et Gregor, l’équipe de “Repair and run” (photo YB)

Non, nous ne déraillons pas ! En longeant l’avenue du Maine par un froid et gris matin d’automne, nous avons répertorié pas moins de trois chaines de vélos (électriques) – autrement dit, trois enseignes dédiées à la mobilité douce qui a d’ores et déjà détrôné la voiture dans la capitale parisienne : Vélo&oxygen au n° 129, ECOX au n° 136 et Repair and run au n° 163. Un peu intrigué par cette pléthore de choix qui reflète un marché en plein boom, nous avons poussé la porte du dernier magasin qui est aussi le dernier arrivé en septembre 2025. Nous y avons été accueilli par Gregor, un fondu de “la petite reine”, qui a bien voulu prendre quelques minutes pour nous faire partager sa passion.

La bosse du vélo (et des trottinettes)

C’est sans doute l’ascendance néerlandaise de Gregor qui explique en partie pourquoi il est tombé amoureux du vélo. Entouré de bicyclettes depuis sa plus tendre enfance, il commence à se passionner pour leur réparation vers l’âge de 14 ans et s’y forme de façon autodidacte en visionnant des vidéos diffusées sur YouTube. Son diplôme d’ingénieur en poche, il décide de passer quelques mois sur le continent américain pour… visiter des usines de vélos ! Pourtant, plutôt qu’un petit vélo dans la tête, Gregor a au contraire les idées bien en place : il entend fermement contribuer au développement de la mobilité douce dont l’essor parisien ne se dément pas depuis quelques années. Repair and run, le premier réseau national de réparation de vélos et de trottinettes électriques, lui donne cette opportunité depuis quelques mois. En plus d’y exercer ses talents de réparateur, la chaine lui offre la possibilité de transmettre sa passion via la formation certifiante (éligible au CPF) qu’il dispense sur place à destination de nouveaux apprenants pour leur permettre de prendre un nouveau départ dans la vie. Le mordu du vélo partage l’atelier de réparation avec son collègue Sylvain qui s’est quant à lui tout particulièrement spécialisé dans le domaine des trottinettes électriques. Au moment où nous avons poussé la porte de leur repaire, les deux hommes étaient en pleine discussion avec un client qui souhaitait faire réparer son vélo, et nous avons été frappés par leur très grande implication professionnelle. Point d’amateurisme à Repair and run : les vélos et trottinettes font l’objet de réparations express dans la journée (!) pour la plus grande satisfaction de la clientèle.

Les très beaux vélos de la marque Van Moof (photo Repair and run)

La possibilité d’un très beau cadeau de Noël

Repair and run développe avenue du Maine un nouveau concept de magasin qui conjugue atelier de réparation et espace de test et de vente (showroom). Les vélos électriques que ne manque pas de nous faire découvrir Gregor sont vraiment superbes et nous font saliver d’envie. Notre regard s’attarde tout d’abord sur ceux de la marque hollandaise Van Moof au design soigné et épuré. “Ces vélos au style très minimaliste sont des vélos connectés qui permettent de dissuader les voleurs parce qu’ils sont géolocalisés et qu’ils incorporent une alarme intérieure”, nous précise Greg. Il nous en donne immédiatement la preuve en soulevant le modèle qui se trouve devant lui dont il a poussé le bouton de verrouillage. Le vélo commence à émettre un bruit qui retentit de façon plutôt agréable à nos oreilles. “Si je continue à le bouger et à le porter, il va sonner de plus en plus fort jusqu’à alerter toutes les personnes alentour“, nous explique le spécialiste. C’est un vélo que les gens aiment surtout utiliser pour faire du “vélo taf” entre leur domicile et le travail. Son coût s’élève à 3.298 euros dans sa nouvelle version et à 2.798 euros pour sa version plus ancienne. Cela représente certes un investissement, mais toujours bien inférieur à celui d’une voiture. Nos clients peuvent en outre bénéficier d’un paiement en plusieurs fois sans frais”. Le deuxième vélo sur le quel nous flashons est un vélo portable électrique de la marque autrichienne VELLO. “C’est un vélo dont le cadre est en titane qui est à la fois très léger (12 kilos) et très innovant car il présente la particularité de régénérer de la batterie quand on pédale en arrière. Son système permet de préserver les plaquettes de freins et de gagner en durabilité sur le freinage. Il peut aussi bien sûr se plier très facilement pour être rangé chez soi ou au travail à l’abri d’éventuels voleurs”. Mais le vélo sur lequel Greg semble plus particulièrement craquer est le vélo familial longtail de la marque Tenways (3.499 euros) qui permet de transporter ses enfants pour les amener à l’école ou bien faire ses courses en fixant plusieurs sacoches. “Le fait que nous sélectionnions relativement peu de marques nous permet de bien connaître les vélos et de conseiller au mieux nos clients, nous fait remarquer le vendeur. Cela permet également un partenariat rapproché avec les marques qui peuvent s’inviter chez nous pour organiser des évènements.” Nous quittons l’atelier Repair and run complètement convaincu avec au moins trois vélos dans la tête. Ne nous reste plus qu’à nous dépêcher pour écrire une belle lettre au Père Noël !

Le vélo pliant de la marque VELLO (photo Repair and run)

Le Marché de Noël en version cryptée de Notre-Dame du Travail

Célébrer Noël est presque devenu aujourd’hui un acte politique. C’est sans doute pourquoi les marchés de Noël attirent de nos jours un nouveau public de plus en plus nombreux un peu partout en France. Celui organisé par la paroisse catholique Notre-Dame du Travail aura lieu comme chaque année dans la crypte de l’église située au 59 rue Vercingétorix. Bathilde, que nous avons rencontrée, est à pied d’oeuvre avec son amie Emeline pour nous y accueillir le dimanche 7 décembre entre midi et 18 heures.

Proximité avec le divin 

Plutôt que s’appeler Plaisirs d’Hiver comme à Bruxelles ou bien se diluer dans d’anonymes “fêtes de fin d’année”, le marché de Noël de la paroisse catholique Notre-Dame du Travail s’affiche et s’affirme comme un élément central de la célébration de la fête chrétienne qui commémore la Nativité, autrement dit la naissance de Jésus de Nazareth il y a un peu plus de deux mille ans à Bethléem en Judée. Le magnifique flyer noir et or qu’ont distribué Bathilde et Emeline dans la rue Losserand en est une éclatante illustration. Quand on le retourne, on prend conscience que ce marché de Noël local s’inscrit dans une journée pendant laquelle ne seront célébrées pas moins de trois messes à l’église Notre-Dame du Travail : une messe en portugais à 9 heures, une messe en français à 10h45 et une messe grégorienne à 18h30. Un repas, qui propose du potimarron farci au fromage, sera également partagé dans la crypte de l’église avant l’ouverture du marché qui se déroulera dans le même lieu sacré. Nul besoin de décodeur pour comprendre que la “version cryptée” du marché de Noël de notre paroisse a été conçue pour permettre une proximité maximale avec le divin quand bien même elle entend rester ouverte à tous – que l’on soit croyant ou non croyant. Cela fait plusieurs mois que les paroissiennes et les paroissiens ne ménagent pas leur efforts de décoration pour accueillir les Pernetiens dans le cadre le plus chaleureux qu’il soit afin de pouvoir mieux faire la connaissance de la population du Quartier, en particulier de celles et de ceux qui vivent seuls alentour. Mais les familles ne seront bien sûr pas non plus oubliées. Pendant que les parents s’élanceront pour faire leur shopping de Noël dans les différents stands proposés, les enfants pourront se divertir en assistant en début d’après-midi à la projection d’un film choisi par les bons soins d’Emeline.

La perspective envoutante de la crypte de l’église Notre-Dame du Travail

Une vingtaine de stands divers et variés

Bathilde nous détaille le programme des réjouissances des plus séniors : “Nous avons à ce jour une petite vingtaine de stands confirmés. Tout d’abord, les spécialités italiennes de Marta et Giuseppe, les fabuleux traiteurs du 66 de la rue Raymond Losserand, de même qu’un producteur de miel, un autre de saucissons dont le stand sera tenu par des scouts, ainsi qu’un viticulteur qui produit le vin du château Montana situé dans le Languedoc-Roussillon. Il s’agit en l’occurrence d’une exploitation viticole qui a été rachetée il y a quelques années par un jeune exploitant qui produit un vin d’excellente qualité au point de faire mentir le préjugé négatif aujourd’hui complètement obsolète qui entoure les vins du Languedoc-Roussillon. Pour ce qui est des bières, nous pourrons compter sur les bières de saints patrons de la ferme de la Villette réalisées en partenariat avec Petit Page qui est un atelier spécialisé dans la carterie qui sera également présent sur place. Il y aura aussi bien sûr le traditionnel stand d’huîtres pour lequel l’abbé de Mello s’est battu cette année bec et ongles car la personne qui s’en occupe habituellement ne pouvait malheureusement pas être présente. Mme Champeau tiendra quant à elle un stand de bijoux qui a chaque année beaucoup de succès. Sera par ailleurs mise en place une librairie religieuse constituée à partir de dons. Sans oublier la brocante annuelle de jeux ainsi qu’un stand de décorations de Noël tenus par des paroissiens. Comme chaque année également, le Père McCarthy du foyer sacerdotale exposera ses très belles aquarelles. Des confections de couture seront proposées et la boutique Siloé sera également présente pour vendre ses vêtements chrétiens. Nous aurons peut-être aussi un stand de lampes chrétiennes fabriquées artisanalement en Inde mais cela reste à confirmer. Des jeunes filles désirant financer leur voyage scolaire tiendront également boutique pour proposer leurs confections et leurs biscuits. Enfin, nous aurons plusieurs stands qui permettront aux participants de se rafraîchir avec des softs et du vin chaud ou bien de grignoter des crêpes ou des barbes à papa au cas où ils auraient encore une petite faim après le repas de Noël.” N’en jetez plus, la crypte est pleine !

Un joli stand aux illuminations de Noël

Place Denfert-Rochereau : “Encore un instant, monsieur du bureau !”

Le projet d’aménagement (Projection @ Bureau des paysages – Alexandre Chemetoff)

Nul ne sait véritablement dans quel bureau de la Mairie de Paris a été conçu le projet de réaménagement de la Place Denfert-Rochereau. Sans vouloir le remettre en cause complètement, le collectif Denfert demain réclame un moratoire pour la phase de travaux à venir perçue comme la plus impactante. Nous avons rencontré Laurent Forestier qui nous a expliqué quels risques présentait le projet actuel pour les riverains alentours ainsi que pour les piétons, les usagers des bus et les cyclistes.

Une fausse place piétonne comme nouvel écrin du Lion de Belfort

La place Denfert-Rochereau était la grande oubliée de la mandature municipale précédente. Cela n’empêche pourtant pas Laurent Forestier de s’étonner de voir enfin lancés les travaux de son réaménagement avant les élections municipales de 2026 en contradiction avec les moratoires sur les travaux non prioritaires et l’exigence de sobriété incluse dans les accords de Paris. L’urbaniste, qui est un membre très actif du collectif Denfert demain, n’a pas énormément à redire sur la première phase de travaux déjà engagés même s’il regrette très vivement que le terre-plein central du boulevard Saint-Jacques qui avait vocation à devenir une belle forêt urbaine ait été en partie sacrifié pour devenir un parking à vélos et un parc canin qui prive les piétons de leur droit à une libre circulation sur cet espace. C’est maintenant bien plutôt la suite des évènements qui le préoccupe. Il ne conteste nullement l’idée de départ qui consiste à vouloir diminuer la circulation automobile autour de notre fameux Lion de Belfort. La situation actuelle n’est en effet guère satisfaisante, qui, en faisant la part trop belle aux voitures et aux camions, rend cette ancienne entrée de Paris très inhospitalière. Il fallait nécessairement trouver une solution pour “apaiser” l’endroit et celle qui a été retenue consiste à réunir l’ensemble très éclaté des différents squares constituant la place pour la transformer en une vaste place centrale piétonne avec report des circulations à la périphérie. Laurent Forestier émet cependant quelques doutes quant au caractère véritablement apaisé du grand espace piétonnier ainsi créé. “Dans sa communication, la Mairie du 14ème indique que seuls le bus 38, les vélos et les véhicules prioritaires de la préfecture de police y seront admis, fait-il observer. Il s’agit en réalité d’une formulation très approximative car, selon le courrier que nous avons reçu de la préfecture de police, ce sont TOUS les véhicules de secours et de sécurité qui pourront l’emprunter. La place, qui constitue une véritable plateforme de correspondance pour la police, les pompiers, les ambulances, les véhicules de l’administration pénitentiaire, SOG Gaz et autres, sera donc une fausse place piétonne.”.

Goulet automobile d’étranglement prévisible au nord-ouest de la place (haut de Raspail) : l’improbable gymkhana réservé aux bus 59 et 88 

Les effets du report des circulations à la périphérie de la place semblent également étrangement éludés pour ne pas dire totalement ignorés par les instances décisionnaires de la Mairie de Paris. “Compte tenu des enjeux et en considération des risques potentiels de nuisances sonores pour les riverains, une étude micro-dynamique des flux était indispensable afin de déterminer les risques d’engorgement notamment pour le passage des bus et des camions et d’identifier les problèmes de conflit d’usage et de sécurité tout particulièrement pour les piétons et les cyclistes, soutient Laurent Forestier. Nous l’avons réclamée à la Mairie de 14ème mais nous ne l’avons jamais vue. Nous ne savons donc pas si elle existe réellement et pourquoi nos demandes de concertation sur cet aspect primordial du projet global de réaménagement de la place sont restées lettre morte.” Si le projet actuel était mis en l’oeuvre en l’état, les bus 59 et 88 seraient contraints de suivre (par le nord) un nouvel itinéraire assorti de nouveaux arrêts qui, avec les bus 64 et 68, ne compterait pas moins de quatre lignes allouées au transport en commun en amplifiant l’effet d’entonnoir très prévisible vers le haut de Raspail. L’urbaniste s’étonne d’autant plus de cette décision que la ville a passé une convention avec la RATP et Île de France Mobilités pour améliorer la circulation des bus dans Paris et la qualité du service. Il observe qu’Île-de-France Mobilités a, dans ces conditions, d’ores et déjà décidé de ne pas participer au financement de l’opération et s’interroge sur l’impact financier de ce désistement émanant d’un partenaire si stratégique.

Poser les crayons cinq minutes

Et s’il était simplement temps de poser les crayons cinq minutes pour éviter un nouveau projet inabouti et mal ficelé ? Denfert demain ne ménage pas ses efforts et aiguise ses arguments pour que puisse se rouvrir un débat constructif. Les différentes notes techniques adressées à la Mairie du 14ème étant restées sans réponse, le collectif s’est associé à SOS Paris pour engager une action en justice qui suit son cours. Les plaignants n’encaissent en effet toujours pas le manque de concertation sur le fond qui a présidé à l’adoption du projet de réaménagement. “Les différentes phases de concertation sont restées très formelles sur la base d’un projet déjà figé”, ne manque pas de regretter Laurent Forestier. Denfert demain continue pourtant d’espérer que le lancement de la campagne des élections municipales 2026 va permettre de relancer le débat citoyen sur un sujet qui intéresse tous les Quatorziens. L’objectif du collectif est d’interroger l’ensemble des candidats à la Mairie pour qu’ils se positionnent sur les propositions émises et les suites du projet. “Il ne s’agit pas de tout casser et de faire un contre-projet total, insiste l’urbaniste. Nous proposons seulement d’aménager le projet actuel pour éviter les grosses nuisances potentielles et corriger les mauvaises orientations que nous avons pu identifier”. C’est aussi, en période de disette financière, un salutaire effort citoyen pour limiter les dégâts liés à l’exécution précipitée d’un projet inabouti dont le montant estimé oscille entre 12 et 20 millions d’euros. Laurent Forestier croise donc les doigts en espérant très fort que la phase de travaux à venir ne sera pas validée avant les élections de mars 2026. De potentielles nouvelles équipes municipales pourraient se montrer un peu plus à l’écoute que l’actuelle qui semble pour l’instant vouloir demeurer aux abonnés absents…

Cliquez ici pour le lien vers l’introduction d’un article très complet sur le sujet publié sur Actu.fr (la suite est réservée aux abonnés). Notez qu’un autre article rédigé par Laurent Forestier a été publié dans Monts 14, la revue de l’association de sauvegarde du patrimoine éponyme.

Cliquez ici pour accéder à la page Facebook du collectif Denfert demain.

Les travaux de réaménagement de la place Denfert-Rochereau ont déjà commencé…

 

Pascal Fort : “La situation dans les immeubles sociaux est devenue invivable”

Pascal Fort est connu comme le loup blanc au Moulin de la Vierge. Son action sans relâche depuis plus de trente ans au bénéfice des habitants des immeubles sociaux constituant cet ensemble résidentiel a permis d’endiguer la dégradation de leur qualité de vie. Mais peut-on indéfiniment ramer (seul) à contre-courant d’une politique du logement de la Ville de Paris qui, conjuguée aux effets délétères des lois Boutin et Duflot, a abouti à rendre invivables les immeubles sociaux accueillant les nouvelles populations issues de la diversité ?

Trente ans d’action au bénéfice des résidents des immeubles sociaux du Moulin de la Vierge

Rien ne prédestinait Pascal Fort à consacrer une bonne partie de son temps libre de militaire à la vie associative de quartier. C’est un évènement survenu en avril 1994, soit cinq ans après son arrivée au Moulin de la Vierge, qui va en être l’élément déclencheur. Inopinément alerté de l’existence d’un racket organisé par une bande de “jeunes” dans le hall de son immeuble situé au numéro 18 de la rue du Moulin de la Vierge, il parvient à en débarrasser les résidents à l’occasion d’une courageuse intervention qui lui vaut le respect de tous. Quelques colocataires lui proposent de créer une association pour porter la voix de l’ensemble des résidents de l’immeuble et faciliter le dialogue avec les autorités. Cette structure associative va leur permettre de considérablement améliorer leur sort commun et faire boule de neige dans les immeubles sociaux voisins dont les occupants sont confrontés aux mêmes problèmes de racket, d’occupation des halls et de trafic de drogue. “A ce moment-là, j’ai commencé à prendre la mesure du problème”, se rappelle Pascal Fort qui dépose en juin 1994 les statuts de l’Association du Comité des Résidents de Plaisance Pernety (ACRPP) qui fédèrera en 2003 jusqu’à 75 associations de locataires du quartier. Son investissement personnel continu en parallèle de son activité professionnelle va faire de lui un interlocuteur reconnu des autorités locales et des différentes équipes municipales se succédant à la Mairie du 14ème arrondissement.  C’est notamment grâce à sa ténacité que va être créé le Centre d’Animation Vercingétorix qui sera inauguré en 2005 par Bertrand Delanoë. Tous ces efforts pour arriver à quoi ? “Quand je fais le bilan de toutes ces années, j’ai le sentiment que la situation n’a en réalité jamais cessé de se dégrader”, se désole Pascal Fort qui pointe du doigt la Mairie de Paris et sa politique du logement qu’ont encore aggravée les lois Boutin et Duflot en aboutissant à pénaliser les classes moyennes au profit de populations issues de la diversité qui ont grand peine à convenablement s’intégrer à la société française et à respecter leur habitat, parce qu’il est social.

Le 25 (à gauche) et le 18 (au fond) de la rue du Moulin de la Vierge.

Eviter un nouvel Elias

“La situation dans les immeubles sociaux de cette partie de l’arrondissement est devenue invivable, témoigne Pascal Fort à grand renfort d’éloquents et édifiants exemples qui concernent son immeuble du 18 rue du Moulin de la Vierge. Quand bien même notre association a été à l’origine de nombreuses avancées en matière de sécurité grâce aux très bons rapports noués et entretenus par le passé avec certains élus locaux dont notamment Madame la députée Nicole Catala, la politique du logement de la Ville de Paris menée depuis l’arrivée des socialistes au pouvoir en 2001 a abouti à une dégradation continue de l’habitat social (HLM) dans notre arrondissement. Nous avons commencé dès 2015 à mesurer les conséquences très nocives du vote de la loi Boutin qui, en imposant le paiement d’un surloyer à tous ceux dont le revenu dépassait un certain plafond, a fait fuir les classes moyennes hors des logements sociaux qui abritent maintenant une quantité de jeunes totalement désocialisés. Il y a aujourd’hui un grand nombre de bandes de jeunes qui sont issus de la diversité et qui, livrés à eux-mêmes la nuit, sont de vrais prédateurs opportunistes. Les Quatorziens, qui ont tous été bouleversés par l’assassinat du jeune Elias au début de l’année 2025, devraient avoir pleinement conscience que de telles situations de racket et de violences surviennent tous les jours ou nuits dans cette partie de l’arrondissement. Si l’on n’en parle pas, c’est tout simplement parce qu’elles ne se soldent pas toutes aussi tragiquement. Il y a chaque jour un potentiel nouvel Elias. […] Souvent, on nous dit “ailleurs c’est pire” ; c’est justement pour cela que nous nous mobilisons sur le site Moulin de la Vierge, pour éviter qu’ici devienne, comme ailleurs, pire !”. Nous sentons aujourd’hui Pascal Fort un peu las de se battre contre des moulins à vent, pour ne pas dire complètement désespéré par l’impuissance et la lâcheté des politiques qui ont d’autres agendas personnels. Puisse-t-il se tromper dans ses funestes prédictions assises sur ses convictions et ses constats quotidiens. Il ne suffit pas toujours d’être pessimiste pour devenir prophète.

Thierry Véron : “La Mairie de Paris n’a que faire des commerçants”

Thierry Véron célébrant les dix ans de l’ACAGL14 en novembre 2024

C’est un véritable coup de gueule que pousse Thierry Véron à l’approche des élections municipales de 2026. Le président de l’Association des Commerçants et Artisans de l’Avenue du Général Leclerc à Paris 14ème (ACAGL14) alerte une nouvelle fois sur la situation catastrophique des commerces de son avenue de prédilection et de ses rues adjacentes (dont la rue d’Alésia). Pourtant, qui, plus que les commerçants, insufflent la vie dans un arrondissement ? La preuve par les actes d’un Quatorzien lassé des habituels boniments de campagne électorale.

Une association de commerçants active toute l’année

L’activisme de Thierry Véron ne se limite pas aux seuls commerces de l’avenue du Général Leclerc. L’ancien artisan, dont l’entreprise avait son siège au n° 29 de l’avenue, développe également son énergie communicative dans le cadre de fédérations d’associations de commerçants au niveau parisien (FACAP75), national (FFAC) et même européen. L’ACAGL14, qu’il a créée en 2014 avec deux autres Quartorziens, réunit un peu plus de la moitié des 120 commerçants de l’avenue qui, malgré les vicissitudes, reste l’une des principales artères du 14ème arrondissement de Paris. L’association organise de nombreuses manifestations tout au long de l’année qui mobilisent depuis l’origine aussi bien les commerçants indépendants que les gérants de grandes enseignes de supermarché, de cinéma, de banque, de cosmétique ou bien encore de restauration rapide. Deux brocantes ont lieu aux mois de février et de mai entre lesquelles se glisse une fête de printemps musicale et fleurie. L’association célèbre également la fête de la musique du début de l’été en y faisant contribuer l’église Saint-Pierre-de-Montrouge. Elle ouvre au mois de juillet une fan zone au moment du passage du tour de France. Elle honore chaque 25 août à la Porte d’Orléans le général qui a donné son nom à l’avenue commerçante en plus de coordonner des manifestations bien plus importantes organisées en sa mémoire tous les cinq et dix ans. Elle organise depuis quatre ou cinq ans au mois de septembre une chasse aux trésors qui fait rentrer les enfants dans les commerces pour mieux leur en faire découvrir le fonctionnement en les motivant par la recherche d’objets insolites entreposées dans les boutiques participantes. Deux autres brocantes professionnelles sont organisées en fin d’année avant que l’ACAGL14 ne prenne à son compte les illuminations de Noël qui enjolivent l’avenue entre le dernier jeudi du mois de novembre et la mi-janvier. Sans compter les dictées, les défilés de mode, les rallyes balades et les différentes tentatives de marchés de Noël qui sont – ou ont été – autant d’occasions de créer du lien social et d’animer une avenue qui continue malgré tout à perdre de sa superbe au fil des années à l’image de la rue d’Alésia adjacente dont les jadis très nombreux magasins de marque ont aujourd’hui presque tous disparu.

Une municipalité complètement indifférente au sort des commerçants

Mais qu’est-il donc arrivé aux rues commerçantes du 14ème arrondissement de Paris qui étaient par le passé aussi actives que les Champs Elysées, comme s’en souviennent très bien les plus anciens commerçants et habitants des environs que Thierry Véron continue de croiser aujourd’hui ? Le spectaculaire décrochage commercial de l’avenue du Général Leclerc a déjà été documenté dans la presse parisienne (cliquez ici pour l’article d’Actu.fr Paris). Les chiffres sont édifiants : en six ans, l’avenue a perdu une quinzaine de commerces, soit une baisse de 12 % de la totalité de son offre commerciale. Certaines de ses très grandes enseignes qui servaient de moteurs pour attirer du public (les ateliers Peugeot et Zara notamment) ont d’ores et déjà plié bagage, et ces départs menacent aujourd’hui d’asphyxier les commerces indépendants. Le chantier de mise en sens unique de l’avenue dont les travaux ont démarré en 2024 n’a pas manqué d’aggraver une situation d’ores et déjà jugée catastrophique par les commerçants. Thierry Véron n’hésite pas à pointer du doigt la Mairie de Paris qui, dans une démarche purement clientéliste, entend mener la politique pour laquelle elle a été élue sans aucune considération des dommages causés aux commerçants. “La Mairie de Paris n’a absolument rien à faire des commerçants et des remarques et doléances que nous pouvons lui adresser alors même que nous ne sommes bien sûr pas du tout opposés au principe de la réduction de la place de la voiture dans la ville, constate le président de l’ACAGL14. Pour autant, cette politique ne doit pas se faire n’importe comment. Or depuis des années on fait à peu près n’importe quoi n’importe où, sans aucune vision d’ensemble claire et précise. On ne devrait pourtant pas pouvoir détruire un axe majeur comme celui de l’avenue du Général Leclerc pour le réduire à peau ce chagrin à cause de décisions aberrantes prises en dépit du bon sens. Et ce ne sont bien évidemment pas des pseudo-concertations organisées ici ou là qui vont permettre d’amender des décisions déjà prises bien en amont.” Il existe pourtant partout des solutions concrètes qui permettraient de revivifier les flux (de piétons, de transports en commun, de vélos et de voitures) sur lesquels repose le commerce de proximité. Elles peuvent, par exemple, prendre la forme de la révision des plans de circulation qui ont fait du 14ème un arrondissement aujourd’hui complètement replié sur lui-même en empêchant les automobilistes d’y accéder depuis les 13ème et 15ème arrondissements consécutivement à la mise à sens unique de la rue d’Alésia. D’autres nombreux leviers existent et les associations de commerçants ainsi que les chambres consulaires sont bien sûr prêtes à collaborer avec les autorités municipales pour autant qu’elles veuillent bien les écouter. “Pour ne prendre qu’un seul exemple qui concerne le 14ème arrondissement, continue Thierry Véron pour illustrer son propos, pourquoi le parking souterrain de la Porte d’Orléans, qui appartient à la ville et sur lequel Madame la Maire Carine Petit a autorité, n’est-il pas mieux mis en valeur ? Il est aujourd’hui toujours quasiment vide alors qu’il pourrait être utilisé par nos clients dont la majorité sont – ou plutôt étaient – issus de banlieue.” Ce désintérêt manifeste pourrait très bien se payer dans les urnes puisque, comme  ne manque pas de le rappeler Thierry Véron, les gérants des magasins situés sur le territoire de l’arrondissement et qui contribuent par le paiement de leurs taxes à le financer, ont tout à fait le droit de s’inscrire sur les listes électorales du 14ème. Cela devrait fortement inciter tous les candidats en lice à revoir leur programme pour y intégrer les légitimes préoccupations des commerçants et artisans dont certains sont aujourd’hui en très grande difficulté.

Cliquez ici pour le petit mot explicatif laissé par Thierry Véron sur le site de la Fédération Française des Associations de Commerçants (FFAC).

Cliquez ici pour accéder au site de l’ACAGL14 et ici pour accéder à sa page Facebook.